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BIRMANIE – POLITIQUE: Les militaires, arbitres des élections du 8 novembre ?

Journaliste : Redaction
La source : Gavroche
Date de publication : 12/11/2020
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Il n’y a pas qu’aux États-Unis où les dirigeants politiques défaits dans les urnes contestent les résultats les plus évidents d’un scrutin. Le 11 novembre, le président du Parti de la solidarité et du développement (USDP), l’ex-Brigadier général Than Htay a convoqué une conférence de presse à Rangoun pour dénoncer les fraudes qui auraient entachées les élections générales du dimanche 8 novembre.

 

Une analyse de François Guilbert

 

L’ex-ministre de l’Énergie (2011 – 2013) puis des Transports ferroviaire (2013 – 2015) du général Thein Sein est néanmoins si peu sûr de ses preuves qu’il en appelle depuis mardi sur le compte Facebook de sa formation politique aux supporters de son parti pour les lui apporter. Ce ne sera pas si simple. Les observateurs déployés par les associations de la société civile birmane (ex. PACE) ou des organisations internationales (ex. ANFREL, Carter Centre) ont souligné unanimement dans leurs premiers rapports publics qu’aucun manquement constaté n’était de nature à porter gravement atteinte à la sincérité du vote. Un point de vue partagé par les chancelleries diplomatiques qui ont pris acte, tour à tour ces deux derniers jours, de l’événement historique que constituaient les premières élections générales organisées depuis les années 50 par un gouvernement civil élu.

 

Institutions bafouées

 

En n’attendant pas les résultats consolidés de la Commission électorale de l’Union et probablement sur la base des remontées des suffrages relevées par ses scrutateurs dans la quasi-totalité des bureaux de vote, le parti relais de l’armée bafoue les institutions qu’il prétend défendre. Il en a effet la possibilité dans les jours et les semaines qui viennent de contester administrativement les résultats. La rumeur depuis des semaines voulait d’ailleurs qu’il s’y préparait, si les résultats n’allaient dans son sens. Pire, le général Than Htay qui fêtera ce 12 novembre son 66ème anniversaire en appelle dorénavant à revoter « aussi vite que possible ». Constitutionnellement, cette proposition est une hérésie. La loi fondamentale édictée par les militaires en 2008 prévoit, noir sur blanc, qu’aucune élection générale ne peut être organisée dans l’année qui suit un scrutin national. Le droit dit donc qu’il ne sera pas possible de tenir des élections partielles ou nationales avant la fin 2021 au plus tôt.

 

L’armée, garante des institutions

 

Plus inquiétant, le leader U Than Htay qui s’était déjà illustré pendant la campagne en soulignant que son parti ne comptait « ni musulmans, ni chinois » en appelle aussi à l’armée comme garant des institutions « démocratiques » pour organiser la nouvelle élection demandée. Cette posture est préoccupante car l’USDP était encore au pouvoir il y a un peu plus de quatre ans. Ses dirigeants ont conservé des relations étroites avec la haute hiérarchie militaire. Ces dernières années, comme ces dernières semaines, ont démontré combien l’USDP et le commandement suprême de la Tatmadaw n’ont pas rompu leurs liens étroits. Aucune divergence d’approche et de propositions ne se sont faites jour au fil du temps. L’USDP et son président qui se présente volontiers comme un « ami » du chef des armées ont même joué à deux reprises, en mars 2019 et août 2020, les « go between » entre le général Min Aung Hlaing et la trentaine de formations politiques nationales et ethniques ayant des accointances historiques avec l’appareil de sécurité. Lors de la dernière réunion à Nay Pyi Taw, les participants exprimaient déjà les récriminations de l’USDP d’aujourd’hui en affirmant que les élections 2020 ne seraient pas libres et justes et que l’UEC adoptait une attitude partisane du fait de sa désignation par un chef de l’Etat militant de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD).

 

Manœuvre de dernière heure

 

Reste à savoir si cette manœuvre de l’été et celle de ces dernières heures se combinent au point de former un plan de déstabilisation permettant à l’armée et ses chefs de « rééquilibrer » le sort des urnes. En attendant de savoir comment l’institution militaire va répondre aux appels du pied de l’USDP, les porte-paroles de la NLD exigent que l’USDP présente ses preuves et intente les recours qu’elles justifieraient. L’inquiétude dans les rangs des vainqueurs du 8 novembre n’en est pas moins grande. De son côté, le général en chef Min Aung Hlaing ne cachait ce week-end qu’il avait voté pour un parti politique capable de travailler avec l’armée et de défendre la religion. Cette symbiose entre l’USDP et la Tatmadaw réveille les spectres du passé, ceux de 1990 quand l’armée refusa de reconnaître par une épreuve de force le premier des trois triomphes électoraux d’Aung San Suu Kyi.

 

François Guilbert

 

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