
Le navire de combat côtier américain USS Cincinnati (LCS 20) a accosté le 24 janvier 2026 à la base navale de Ream, sur la côte sud-ouest du Cambodge, pour une escale temporaire symbolisant un nouveau jalon dans la coopération maritime entre Washington et Phnom Penh.
Cette visite s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations bilatérales et vise à réaffirmer l’engagement commun des deux pays en faveur de la sécurité régionale, de la paix et de la prospérité en Asie du Sud-Est. Durant son séjour, l’équipage du bâtiment participera à des échanges professionnels et à des rencontres avec des responsables militaires cambodgiens.
« C’est un honneur d’être accueillis par le peuple cambodgien à la base navale de Ream », a déclaré le capitaine Matt Scarlett, commandant de l’escadron de destroyers DESRON 7. « Nous sommes toujours ravis de travailler avec nos partenaires pour contribuer à la construction d’un Indo-Pacifique libre et ouvert pour toutes les nations. »
Au-delà de sa portée diplomatique, cette escale revêt une dimension stratégique. La base de Ream, partiellement financée à l’origine par les États-Unis, fait l’objet depuis 2022 d’importants travaux de modernisation menés avec le soutien de la Chine. Washington craint qu’elle ne puisse offrir à Pékin un point d’appui militaire aux portes de la mer de Chine méridionale, une zone maritime au cœur de fortes tensions géopolitiques.
Le gouvernement cambodgien assure toutefois qu’aucune puissance étrangère ne disposera d’un accès exclusif à cette infrastructure. Dans un communiqué, la base navale a indiqué que la visite de l’USS Cincinnati, prévue pour durer cinq jours, vise à « promouvoir la coopération entre les deux pays » et à illustrer l’engagement de Phnom Penh en faveur d’une politique « ouverte et transparente ».
Inaugurée en avril 2025 par le Premier ministre Hun Manet en présence d’une délégation militaire chinoise, la base de Ream a depuis accueilli plusieurs marines étrangères, dont deux navires japonais, premiers bâtiments à y faire escale quelques semaines après son ouverture. Sous l’ère de l’ancien Premier ministre Hun Sen, père de l’actuel chef du gouvernement, le Cambodge a bénéficié de milliards de dollars d’investissements chinois dans ses infrastructures, tandis que ses relations avec les États-Unis s’étaient nettement refroidies. Cette visite américaine marque ainsi une tentative de rééquilibrage diplomatique dans un contexte régional de plus en plus concurrentiel.
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