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FRANCE – POLITIQUE : Vue d’ailleurs, au boulot, citoyens et citoyennes !

Date de publication : 29/05/2024
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Chaque semaine, notre ami Richard Werly, conseiller éditorial de la rédaction de Gavroche, nous livre sa vision de la France sur le site d’actualités helvétique Blick. Vous pouvez vous abonner. Ou consulter sa lettre d’information Republick.

 

En voici l’éditorial. L’intégralité de la newsletter disponible ici.

 

Cela finit par devenir énervant. A chaque fois, Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs nous replongent dans la même impasse. D’un côté, le refrain présidentiel sur l’attractivité économique et les réformes sociales indispensables nous parlent, puisque celles-ci consistent à remettre les pendules tricolores à l’heure européenne, en termes de flexibilité du marché du travail. Mais de l’autre, revoilà poindre les clichés : ainsi donc, couper dans les indemnisations chômage serait la seule manière de remettre les Français au travail, après avoir rallongé l’âge de départ à la retraite ? Pas sûr que ce discours, dans un pays fracturé, inquiet, et biberonné à l’argent public dépensé à gogo depuis 2017, s’avère très efficace et mobilisateur.

 

La réalité est pourtant simple. Il suffit de regarder au-delà des frontières, où plusieurs centaines de milliers de travailleurs français vont chaque jour travailler : en Allemagne, au Luxembourg ou en Suisse. La France a-t-elle encore les moyens de son système d’indemnisation chômage qui est parmi l’un des plus généreux au monde ? Permettez-moi d’en douter XXL. Peut-on croire qu’une réduction de la durée de ces indemnisations ressuscitera l’envie de travailler et l’élan productif collectif ? J’en doute aussi. La question n’est d’ailleurs pas la productivité, dans laquelle les Français sont plutôt bons. C’est la prise de conscience qui fait défaut. Impossible d’espérer remobiliser les travailleurs et travailleuses de ce pays assoiffé d’égalité sans leur offrir un horizon qui n’est pas seulement celui d’une précarité accrue.

 

Tiens, d’ailleurs, je vous recommande au passage un article de Mediapart intitulé « Louvre, Champs-Élysées, Pont Neuf : comment l’homme le plus riche du monde s’est offert Paris ». On y parle de Bernard Arnault et de l’empire LVMH. Vous vous souvenez que cet hiver, la malle géante Vuitton sur les Champs Élysées m’avait mis hors de moi.

 

Apparemment, je n’étais pas le seul.

Bonne lecture, et chantez le chômage !

(Pour débattre: richard.werly@ringier.ch)

 

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4 Commentaires

  1. La réduction de la durée et du montant des indemnités chômage ressuscitera t-elle l’envie de travailler ? That is the question ! Plutôt qu’une envie dont les ressorts sont plus ou moins conscients et que le discours attalien impute à une paresse hexagonale congénitale assaisonnée d’une mentalité de gaulois réfractaire assisté, quand ce n’est pas une “résistance” manifeste, essayons de décrypter les envers, les contradictions et les impasses du discours. La productivité de chaque salarié, en moyenne, n’étant pas en cause, la difficulté en matière économique ne serait pas là. Elle résulterait dans un taux de chômage (7,5), le taux moyen des pays de l’OCDE (inférieur à 5 en février 2024), mais jugé trop élevé malgré une baisse relative. Il peut être espéré de la réforme à venir que le gain d’un point ou deux, augmenterait la dite productivité. Il est à noter que les gains de productivité sont essentiellement liés aux progrès techniques (en partie générés par la réduction du temps de travail contrairement à l’idée souvent avancée), en dépit de l’état des relations de travail (plutôt mauvais en France et que traduit bien l’ampleur des arrêts de travail, des “burn-out”, des conflits de travail et des grèves). Le narratif gouvernemental repose sur l’idée que la réduction du régime des indemnisations des chômeurs (proclamé comme le plus généreux existant donc justifiant son alignement sur un standard moyen) et donc, mécaniquement, du nombre de ceux-ci. Il est nous dit que, parallèlement, des centaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus. C’est le rapprochement de ces deux propositions qui semble donner le poids d’une évidence économique érigée en loi d’airain “made in sciencepo”. L’affirmation martelée au coin d’un bon sens paysan instinctif et donc indiscutable voudrait faire croire que, au nom de la “théorie des vases communicants”, les emplois en question, dans la restauration et le BTP principalement (et qui sont de plus en plus occupés, pour la restauration et les services à la personne par des Bacs + 5 ), seraient magiquement pourvus ce que démontrerait l’exhibition d’un tableau excel par nos énarques et assimilés hors-sol. La succession dans un temps bref de deux réformes ayant le même objet semble plutôt infirmer le postulat érigé en vérité scientifique. C’est comme pour l’Europe, on admet mezzo voce et par concession verbale feinte, au vu des limites et des erreurs du dispositif qu’il faut l’approfondir et accélérer dans la même direction. Dans le cas présent, il ne s’agit pas de remédier à un déficit des caisses d’assurance chômage, elles sont excédentaires (non sans étaler les 3.6 milliard d’économies escomptés). Inciter les récalcitrants au travail ? C’est bien l’effet escompté d’un dispositif punitif ! Faire revenir 90000 personnes sur le marché du travail. A quel prix ? celui de la déqualification des compétences acquises par l’effet de la contrainte salariale à la baisse devenant encore plus pesante et d’autant plus accentuée par la concurrence avec une main d’œuvre issue d’une immigration légale et illégale toléré si ce n’est encouragée (voir la récente décision du Conseil Constitutionnel sur l’aide juridictionnelle). Un emploi plutôt que rien est-il asséné sur l’autel de la valeur travail à n’importe quel prix ! Situation qui ne peut qu’inciter au travail dissimulé qui, lui, n’alimentera ni les caisses d’allocation chômage ni de sécurité sociale. La nécessité économique de telles réformes comme celle, récente des retraites, et que la réforme de l’assurance chômage va impacter défavorablement du fait même de l’allongement de la duré légale du travail et du chômage plus répandu à partir de 55 ans. Du côté des jeunes et de ceux qui accèdent à l’emploi quel bénéficie peut être attendu d’une situation dans laquelle, après un stage de 6 mois ou un contrat de 6 mois non renouvelé, l’espoir d’une allocation chômage disparait ? Pas de projection possible dans l’avenir, habiter chez Papa-Maman, adorer J Bardella et M. Le Pen ? se reconvertir dans le narco-trafic avec ou sans conversion ? Admirons les analyses et les prévisions / prédictions des “économistes savants” qui substitués à l’antique Pythie assise sur son trépied au milieu des “vapeurs” et des fumeroles, ne jurent que par leurs modèles fumeux nouvellement boostés par les algorithmes et l’intelligence artificielle. La conclusion qui s’impose, pour cette science infuse est que cette réforme ira dans le bon sens… mais… avec des effets collatéraux négatifs… mais que les premiers seront supérieurs aux seconds… Un concentré de la “science économique” résumé par Alexandra Roulet interrogée par G. Erner le 28 mai 2024 sur France Culture (disponible en podcast “assurance chômage: la réforme de trop”). Si la science économique ne suffit pas à étourdir nos esprits, les spectacles olympiques y réussiront certainement. Des jeux d’abord, du pain ensuite…

  2. “C’est la prise de conscience qui fait défaut” lit-on mais ne serait-ce pas l’inverse ? Les élections européennes en sont le symptôme et tout spécialement le taux des abstentions attendu. Il n’est pas nouveau mais la répétition du scénario risque d’installer ce qui n’est pas seulement une tendance. Un électeur sur deux n’ira pas voter en France. La conviction de moins en moins confuse et pourtant bien obscurcie et dissimulée de la conscience démocratique et citoyenne met à nu la “comédie électorale européenne”. Le populisme en est le symptôme et l’expression, d’où la diabolisation du terme par les ainsi dénommées “élites”. Tantôt, selon les circonstances, stigmatisé comme une forme de résurrection d’un fascisme mou, l'”extrême-droite” la “droite populiste” ou une “extrême gauche” dite populiste. Dans les deux cas, l’expression vise à stigmatiser tout en empruntant le vocable démocratique mais l’affublant de l'”isme” disqualifiant. Le populisme n’est pas autre chose que la manifestation de la défiance des peuples à l’égard d’institutions qui ne reposent plus le respect de la règle de majorité. Nous assistons à la mise en place d’un processus d’évidage des organes démocratiques et à plusieurs niveaux. L’un d’entre eux est la montée en puissance de 5 juridictions suprêmes et tout particulièrement le Conseil d’État, le Conseil Constitutionnel et la Cour de Justice de l’Union Européenne qui, au nom d’une conception déviée de l'”Etat de Droit”, ont conféré aux traités européens (et plus généralement aux normes européennes) mêmes postérieurs à une loi votée (dans le respect des règles de la majorité parlementaire) et contraire, une supériorité légale (arrêt d’assemblée Nicolo du 20/10/1989). La réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 instaurant la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) a boosté une jurisprudence aussi tentaculaire qu’absurde en s’arrogeant le pouvoir d’interpréter des déclarations (1789, 1958, 1946 pour la décision du 16 juillet 1971) aux contenus ambigus, flous et indéterminés. Au fil des années le parlement, dépositaire et expression de la souveraineté nationale ne peut pratiquement plus légiférer. Les contraintes légales que les juges ont créées et qui s’imposent ligotent l’expression de la souveraineté majoritaire. Une nouvelle souveraineté, celle des juges et des institutions européennes s’est substituée à l’ancienne dans le cadre d’une dérive voulue et assumée (mais dissimulée) qui s’apparente à un “coup d’état”. Le phénomène est d’autant plus profond que les institutions européennes interviennent dans des compétences que les traités ne leur ont pas attribuées confisquant d’autant plus la souveraineté nationale. D’où la sécession démocratique dont l’abstention est l’expression. La tendance ne semble pas en voie de limitation et encore moins d’inversion. Une récente résolution votée au niveau européen préconise, sans doute avant adoption, la généralisation de la règle de la majorité qualifiée pour l’adoption des normes européennes. L’abandon du droit de veto non seulement mettra fin à toute manifestation de souveraineté nationale (et ce d’autant plus que les délégations de compétences vont s’étendre) mais laissera le champ libre aux marchandages les plus surprenants entre les États (la plupart inférieurs à 1O millions d’habitants) et que l’on envisage d’étendre (bientôt 37 et… pourquoi pas… les iles Kouriles, elles aussi favorables à la reconnaissance et à la promotion des “droits de l’ Homme” ?). Dans une telle configuration la souveraineté française ne manquera pas d’être diluée, annihilée au profits d’intérêts qui, loin d’être français, seront nécessairement américains. On le voit déjà en matière d’achat d’armements. Que pourrait être le contenu de la force de frappe nucléaire française si, dans le cadre d’une politique européenne de défense, la décision pouvait être dictée, en cas d’opposition de la France, par d’autres pays européens ? Un autre aspect de la question relative à la perte de souveraineté française et souvent abordé, c’est le cas implicitement abordé par notre éditorialiste du double déficit, budgétaire et commercial de la France qui grève les capacités souveraines de la France et sa capacité de décision Cette situation ne peut que conduire à une restriction des droits dits sociaux comme ceux relatifs à l’assurance chômage qu’aborde notre éditorialiste et demain à la sécurité sociale (voir les préconisations du récent rapport de la Cour des Comptes sur la question). Une restriction dont la prise de conscience est immédiatement ressentie comme assez lointaine des promesses européennes initiales affichées (sans même parler de la paix objectif recherché à la fin de la guerre avec une coopération des États et mettre fin à leurs conflits séculaires) et pour lesquelles une adhésion pouvait fonctionner. La désillusion est présente et la prise de conscience durcit. Une restriction des droits sociaux alors que ceux ci sont proclamés dans nos préambules constitutionnels mais au grignotage desquels tout un chacun assiste et expérimente. La précarité comme finalité du rêve européen semble prédire notre éditorialiste qui voit de Berne. Des droits sociaux proclamés au lendemain de la guerre, auxquels les “trente-glorieuses” ont pu donné un contenu généreux et toujours plus extensif, mais que nos déficits risquent de mettre à mal. Une prise de conscience peut-être tâtonnante que la comédie électorale européenne tend à la fois à dissimuler en donnant l’impression que le parlement nouvellement élu peut avoir un rôle nouveau dans de futurs changements et permettre des réorientations plus conformes au respect des souverainetés des États. C’est le mantra “européiste” conscient des imperfections et limites de l’Europe mais pour en réclamer davantage… C’est paradoxalement le mantra des partis hostiles à l’Europe qui adjurent de la transformer de l’intérieur. Mais en même temps et paradoxalement, ces élections expriment un engouement pour des partis politiques qui, réunis, représentent autour de 45 pour cent des intentions de vote qui vont de l’europhobie (frexit) à l’euroscepticime (réformer l’Europe de l’intérieur pour une autre, mais laquelle ?). Les deux tiers des citoyens, dans leurs expressions diverses, n’expriment-ils pas une prise de conscience authentiquement démocratique ? Un ver démocratique dans un fruit faisandé ? D’autres diront que c’est l’inverse…

    • Cher lecteur, toujours heureux, à Gavroche, de voir que nos éditoriaux suscitent des réactions aussi complètes et détaillées. Ils sont là pour ça. Continuons le débat et continuez de nous lire !

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