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FRANCE – POLITIQUE : Vue d’ailleurs, un président ne devrait pas faire ça…

Date de publication : 11/06/2024
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François Hollande avait, pour son grand malheur, oublié ce principe. Il y a des choses qu’un président de la République ne doit pas dire ou ne doit pas faire. Emmanuel Macron n’est pas, contrairement à son prédécesseur et ex-employeur, tombé dans le piège de la confidence aux journalistes qu’il ne porte de toute façon pas dans son cœur. Il a monté son embuscade de la dissolution de l’Assemblée dans le secret de l’Élysée. Puisque les électeurs ont été emportés par la vague nationale populiste aux élections européennes, et bien soit : demandons-leur une fois pour toutes de régler les comptes mal soldés des législatives de juin 2022. Aux urnes, citoyens ! Et que ça saute, d’ici au premier tour, le 30 juin prochain.

 

Le problème est que ni la méthode, ni l’objectif, ni le calendrier ne sont de nature à rassurer et à panser les plaies françaises. D’accord, la règle démocratique du retour au suffrage universel est respectée. Soit. Mais en forçant tout le monde au sprint électoral à la veille de Jeux olympiques devenus le parfait bouc émissaire, sans remettre son propre job dans la balance s’il devait être de nouveau sèchement battu, Emmanuel Macron ne clarifie rien. Au contraire. Il court encore plus le risque de tout embrouiller. Pour finir, d’ici à 2027, avec une cohabitation synonyme d’une fin de présidence aussi pénible que risquée. Après avoir cassé tous ses « jouets politiques » et, tel « Lucky Luke », dégainé bien plus vite que son ombre.

 

Non, décidément, un président ne devrait pas faire ça.

 

Bonne lecture, sans illusions sur le pouvoir.

(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)

 

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  1. Diabolisation puis dé-diabolisation puis re-diabolisation telles sont les vicissitudes de la vie de Satan dans le vie politique. La tentation pour pacte faustien est une constante et un ressort qu’on tente de retendre pour les besoins des mobilisations électorales tant il est devenu si distendu. Le mythe vient d’être revisité, “ex-cathédra” dans des habits nouveaux, Jordan en prince des ténèbres, mephistophéliquement paré de ses atours princiers et de sa mine enjôleuse et Faust, inquiet et désemparé, l’implorant pour une nouvelle jeunesse. Quelques gouttes de sang recueillies au bas du bras velu devaient sceller le pacte diabolique : “O Satan prends pitié de ma longue misère ” clame Baudelaire dans les fleurs du mal… et plus loin “Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs / Du Ciel ou tu régnas et dans les profondeurs / De l’Enfer, ou, vaincu, tu rêves en silence ! / Fais que mon âme un jour, sous l’Arbre de la Science, / Près de toi se repose, à l’heure ou sur ton front / Comme un temple nouveau ses rameaux s’épandront”…; Méphisto d’un côté et Judas et son baiser de l’autre prêt à tout pour trente deniers. Une énième aventure “sous le soleil de Satan”… La rhétorique politique est ancienne et tenace. Son origine chrétienne s’en prit à Neron, puis Domitien puis Julien L’apostat. L’injure politique sera reprise contre Mazarin comme dans la prose contre-révolutionnaire qui convoqua l’antéchrist. Sous d’autres cieux on stigmatisa l'”axe du mal” ici et le “Grand satan” là. On en inventa même un “petit”. Pour en venir à l’actualité brûlante de l’usage de la figure rhétorique il faut sans doute remonter à l’instillation du démon par un ancien Président de la république instaurant, en 1985, la proportionnelle. Le diable Le Pen était crée et dans son existence ressuscitée, le malin prit plaisir à se perpétuer, à croitre à embellir. Les artifices langagiers exhibés comme des diamants dont les médias se repaissent s’usèrent des deux côtés jusqu’à l’exténuation…provisoire (?). L’arme dégainée servit de bonne à tout-faire pour excommunier une partie de l’électorat et confisquer le pouvoir aux mains d’un autre création langagière : l'”arc républicain”. Une digue en forme de mur de Berlin réussit un temps à délimiter le royaume de l’ombre et celui de la lumière. Elle réussit un temps et de moins en moins bien à désigner le seul chemin à suivre, celui du paradis. C’est ce mur de Berlin qui, à force d’être convoqué, semble finir de s’écrouler. Pierre-André Taguieff, dans un livre déjà ancien (” Du diable en politique. Réflexions sur l’antilepénisme ordinaire” Ed du CNRS, 2014, 390 pages) recense les récurrences de l’emploi imaginatif et sans bornes des images funestes lancées à la tête de l’électeur : “bête immonde”, “vieux démons” et tant d’autres. La référence à une ribambelle de figures sataniques expressions du mal absolu et érigées en ennemis du genre humain alimenta les feux d’artifices verbaux. Le couronnement de cette rhétorique explosa dans l’anathème suprême se référant au mot disqualifiant définitif désigné parfois de point de Godwin. Le spectre du fascisme et du nazisme parfois réunis et imaginaires furent exhibés comme la forme suprême de l’abjection suprême et de la faillite morale. Le stratagème réussit à paralyser la main de l’électeur pris d’une insondable culpabilité. La condamnation moraliste excluant toute discussion rationnelle sur les programmes devait avoir pour effet de conduire à prôner l’éradication de l’adversaire transformé en ennemi dont il faut “purifier” la terre d’une immondice sournoise et menaçante. Les réseaux sociaux firent et font le reste… La démonisation qui depuis plus de 40 ans consiste à ressusciter l’épouvantail cornu semble s’être actuellement accumulée au point de provoquer un rejet violent, déferlant et inarrêtable. La pièce frappée des deux côtés par leur figure opposée mais inséparable semble avoir atteint l’étape de sa démonétisation. Ou comme après avoir absorbé un mauvais vin, l’électeur finit par dessaouler… L’observation de nos voisins européens (Suède, Danemark, Pays-bas, Italie) désilie l’œil voilé de l’électeur apostrophé au point de finir immunisé contre le spectacle toujours ressorti des vieux cartons de la seconde guerre mondiale et du pêché que ses ancêtres auraient commis en 1940. L’observation des expériences politiques européennes révèle à cet électeur connecté que si les expressions politiques extrêmes se manifestent, les systèmes politiques les contiennent dans le cadre du respect de l’expression et du débat démocratique comme nous le rappelle notre éditorialiste voyageur. La diabolisation, au contraire, semble avoir contribué a installer et légitimer ce que par la suite, on ne peut plus combattre. ” Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes” avertissait le Cardinal…

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