
Les marchés financiers japonais réagissent à des spéculations de plus en plus insistantes autour d’élections législatives anticipées. Selon un article publié le 9 janvier par le quotidien Yomiuri Shimbun, la Première ministre Sanae Takaichi envisagerait de dissoudre la Chambre basse, avec une annonce possible dès l’ouverture de la session parlementaire ordinaire le 23 janvier et un scrutin organisé début ou mi-février.
Aucune confirmation n’a été apportée par le bureau de la Première ministre, mais cette hypothèse suffit à influencer les marchés. Dès vendredi, le yen et les contrats à terme sur les obligations d’État japonaises (JGB) ont reculé, tandis que les contrats à terme sur le Nikkei ont progressé lors des échanges à New York. Deux dates de vote sont évoquées : le 8 ou le 15 février.
Une thématique négative pour le yen à court terme
Les analystes estiment que, sauf démenti rapide, le thème des élections anticipées pourrait dominer les marchés des actifs libellés en yen à court terme. La perspective d’un scrutin renforce les anticipations d’un affaiblissement de la monnaie japonaise, notamment si les investisseurs misent sur une continuité politique.
Dans ce contexte, une intervention sur le marché des changes paraît peu probable tant que le dollar reste sous le seuil de 160 yens. En revanche, une zone comprise entre 162 et 165 yens pour un dollar est considérée comme plus sensible. Une hausse très rapide du billet vert — supérieure à 1 % par jour sur deux séances consécutives — pourrait toutefois déclencher une intervention plus précoce.
« Sanaenomics » : une politique perçue comme accommodante
Si Sanae Takaichi décide effectivement de dissoudre le Parlement, les marchés anticiperaient une accélération de ce que les observateurs appellent déjà les « Sanaenomics ». La Première ministre est perçue comme favorable à une politique budgétaire expansionniste et à des conditions monétaires accommodantes, même si certaines décisions récentes — comme la hausse des taux de la Banque du Japon en décembre et un budget 2026 plus modéré qu’attendu — témoignent d’un certain pragmatisme.
Un scénario dans lequel le Parti libéral-démocrate (PLD) obtiendrait une majorité absolue renforcerait l’idée d’un gouvernement Takaichi durable, capable de mettre en œuvre son agenda économique, ce qui pèserait sur le yen et accentuerait une tension accrue sur les taux à long terme.
La stabilité politique comme facteur d’équilibre
Paradoxalement, les attentes de stabilité politique pourraient aussi soutenir les marchés. La coalition actuelle entre le PLD et Ishin dispose d’une majorité à la Chambre basse mais reste minoritaire à la Chambre haute. Même si une large victoire n’est pas garantie, la popularité élevée du gouvernement pourrait rassurer les investisseurs.
Si les marchés privilégient pour l’instant le scénario d’une politique économique plus offensive — et donc défavorable au yen — les analystes soulignent que les effets ne seront pas nécessairement univoques. À moyen terme, la stabilité institutionnelle pourrait également contribuer à apaiser la volatilité des actifs japonais.
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