Accueil Thaïlande Société THAÏLANDE – SOCIÉTÉ : Tilapia à menton noir, l’action collective contre le géant CPF autorisée

THAÏLANDE – SOCIÉTÉ : Tilapia à menton noir, l’action collective contre le géant CPF autorisée

Date de publication : 20/09/2026
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La Cour d’appel a donné son feu vert à une action collective contre Charoen Pokphand Foods (CPF), géant thaïlandais de l’agroalimentaire, dans l’affaire du tilapia à menton noir. Des pêcheurs et pisciculteurs de Samut Songkhram lui réclament plus de 2,48 milliards de bahts pour les pertes qu’ils attribuent à la prolifération de cette espèce invasive. À ce stade, la justice n’a toutefois établi aucune responsabilité de CPF.

 

La bataille judiciaire autour du tilapia à menton noir va pouvoir se poursuivre. Le 14 septembre, la Cour d’appel a confirmé une décision du tribunal civil de Bangkok-Sud autorisant les plaignants à engager une action collective, l’équivalent de la « class action » américaine.

 

Dix pêcheurs et pisciculteurs de Samut Songkhram sont à l’origine de la procédure. Ils réclament plus de 2,486 milliards de bahts pour des pertes de revenus qu’ils disent avoir subies entre 2017 et 2024.

 

Originaire d’Afrique de l’Ouest, le tilapia à menton noir (Sarotherodon melanotheron) s’est propagé dans plusieurs zones aquatiques de Thaïlande. Cette espèce invasive entre en concurrence avec les espèces locales et sa prolifération affecte notamment les activités de pêche et d’aquaculture.

 

Pourquoi CPF est-elle mise en cause ?

 

Les plaignants pointent du doigt CPF, qui avait importé des spécimens de ce poisson en Thaïlande dans le cadre d’un projet de recherche. Ils soutiennent que l’entreprise pourrait être à l’origine de sa dissémination dans le milieu naturel.

 

Cette responsabilité n’est cependant pas établie. Dans une procédure distincte, la Cour administrative centrale a estimé le 8 septembre que les éléments disponibles ne permettaient ni de démontrer que les poissons actuellement présents dans la nature provenaient d’une installation de CPF, ni d’identifier avec certitude l’origine de leur propagation.

 

CPF rappelle de son côté que la décision de la Cour d’appel porte uniquement sur le droit des plaignants à poursuivre leur action sous une forme collective. Elle ne constitue pas une condamnation de l’entreprise.

 

Une prochaine audience le 30 novembre

 

Le tribunal civil de Bangkok-Sud a fixé la prochaine étape de la procédure au 30 novembre 2026. Il devra notamment examiner la possibilité de classer le dossier parmi les affaires environnementales.

 

L’avocat des plaignants, Somchai Ameen, estime que les auditions de témoins pourraient commencer en 2027 et espère un jugement la même année. Il s’agit toutefois de son estimation et non d’un calendrier arrêté par le tribunal.

 

Parallèlement, la Cour administrative centrale a ordonné aux autorités de poursuivre la lutte contre le tilapia à menton noir. Elle leur demande également d’engager les démarches pour déclarer Samut Songkhram zone sinistrée, ce qui pourrait faciliter l’accès aux mécanismes d’aide et d’indemnisation.

 

L’affaire présente désormais un double enjeu : les autorités doivent endiguer la prolifération de cette espèce invasive qui menace les pêcheurs et les écosystèmes, tandis que la justice doit déterminer qui porte la responsabilité de son introduction et de sa propagation en Thaïlande.

 

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