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THAÏLANDE – CHRONIQUE : « French arabics », le terme qui fâche

Journaliste : Patrick Chesneau Date de publication : 20/04/2026
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Une chronique siamoise de Patrick Chesneau

 

De récents incidents impliquant des Français, ont entaché les festivités de Songkran à Phuket, provoquant un débat nourri chez les Thaïlandais et parmi les étrangers. Faut-il minimiser, voire ignorer une réalité aux conséquences inflammables ?

 

Ou mettre les pieds dans le plat, désigner les faits et nommer les auteurs, au risque de recourir à des termes suscitant instantanément la controverse ? C’est le cas de l’expression « French arabics ».

 

Certains crient immédiatement au racisme et à la stigmatisation ethnique quand ils lisent ces deux mots ou les entendent. La formule, certes globalisante, vise à décrire un public clairement identifié, composé de touristes aisément repérables. Jusqu’ici, tout va bien.

 

Le problème sémantique naît quand l’expression suscitée désigne des visiteurs expressément fauteurs de troubles. Pour leurs accusateurs, il s’agit de gens coutumiers d’incivilités, d’infractions graves, d’entorses à la loi locale, d’actes répréhensibles, de comportements délictueux, d’usage et de trafic de stupéfiants, de violences répétées, d’attaques contre des policiers, d’agressions physiques, de bagarres de rue, de conduite dangereuse à moto, d’infractions multiples au code de la route, d’ivresse au guidon, de vitesse excessive, de non-port du casque, responsables d’accidents de la circulation, de nuisances sonores, de harcèlement des femmes du pays d’accueil. N’en jetez plus, la cour est pleine.

 

En somme, des semeurs répétitifs de désordre

 

Au fait, d’où vient l’expression « French arabics » ? Comment est-elle apparue ? À la vérité, on se perd en conjectures.

 

Deux thèses s’opposent. Certains affirment qu’on la doit à des expatriés français installés dans le Royaume, donnant ainsi libre cours à un racisme visant leurs compatriotes d’ascendance immigrée. À l’inverse, d’autres martèlent que l’expression a été inventée par les Thaïlandais eux-mêmes, façon de désigner, pour ceux qui s’essaient à l’anglais, les visiteurs français de phénotype maghrébin, qu’ils assimileraient, par comparaison et association d’idées, à des Arabes du Golfe.

 

Difficile de trancher quant à l’origine de cet assemblage linguistique. La dénomination ne comporte, a priori, aucune connotation raciste chez les Thaïlandais qui l’utilisent. Qu’elle soit répandue ou rare, elle ne sert qu’à décrire et caractériser le public dont il est ici question. Quoi qu’il en soit, ces deux mots accolés figurent désormais dans l’espace numérique fréquenté par les étrangers vivant en Thaïlande.

 

Dans l’Hexagone, le terme le plus approchant serait « Français issus de l’immigration maghrébine », ayant pris le pli de venir régulièrement en vacances en Thaïlande. Nombreux à Pattaya, on les rencontre surtout à Phuket. Bangla Road, à Patong, est leur terrain de jeu. Ils ont leurs adresses, leurs établissements de vie nocturne, leurs boîtes de nuit, leurs cercles d’amis. Non loin de Freedom Beach, l’un de leurs quartiers favoris a acquis une indéniable notoriété : Les 4000. Référence directe à une cité de La Courneuve.

 

Plusieurs membres de ce groupe ont récemment défrayé négativement l’actualité de Songkran à Phuket.

 

Incidents en série

 

Le plus médiatisé a été une bataille d’eau, à base de comportements violents, virant au règlement de comptes à coups de lance à incendie à partir d’un camion-citerne, instrument généralement dévolu aux pompiers. Chauffeur de van « attaqué », circulation bloquée, policiers molestés…

 

Tableau clinique édifiant

 

Comme souvent en pareille circonstance, la généralisation et l’amalgame semblent être des phénomènes inévitables. Il suffit de mettre en exergue les agissements condamnables de quelques individus pour qu’une très mauvaise réputation rejaillisse sur une communauté entière ou un ensemble de personnes. Les touristes partageant le type physique précité, avec la même couleur de peau, sont vite rangés dans la même case, logés à la même enseigne. L’opprobre qui frappe les délinquants ne fait guère de nuances dans les commentaires sur internet. Autrement dit, en termes d’image, les bons et les innocents écopent bien malgré eux de la condamnation du public, au même titre que les vrais coupables.

 

Car les habitants de Phuket sont exaspérés. Ils ont beau alerter, pointer des faits divers récurrents, rapporter une réalité qu’ils estiment plus que dérangeante, rien n’y fait jusqu’à présent. La situation semble même s’aggraver. Les riverains de Patong et autres stations balnéaires réputées pour leur vie nocturne enfiévrée soulignent l’apparition d’une forme d’insécurité de rue et, phénomène récent et fort heureusement encore minoritaire, de relations conflictuelles entre la population locale et cette catégorie particulière de vacanciers.

 

La police a-t-elle les moyens de mettre hors d’état de nuire les fauteurs de troubles publics ? Interpellations, arrestations, amendes, emprisonnements, révocations de visa, expulsions du territoire ne semblent pas suffire. Comment juguler le flot montant des incivilités  ? D’aucuns réclament des initiatives fermes et intransigeantes des autorités thaïlandaises.

 

Ce pourrait être un panel de mesures variées : expulsion automatique dès la première incartade sérieuse, blacklistage des contrevenants pour les empêcher de revenir, réduction de la durée de séjour autorisé sans visa, filtrage dans le pays d’origine au moment de la délivrance des visas par l’ambassade de Thaïlande à Paris, exigences financières accrues à l’arrivée, contrôles renforcés aux différents points d’entrée (aéroports et postes-frontières), obligation de produire un casier judiciaire vierge avant toute admission dans le Royaume, ou encore traçage numérique renforcé des touristes dans leurs déplacements.

 

Curieusement, nombreux sont les touristes et les ressortissants français établis en Thaïlande qui acquiescent à davantage de formalités et, partant, à plus de tracasseries.
Comme les Thaïlandais, ils poussent un cri du cœur : en finir avec le laxisme et l’impunité dont, à leurs yeux, semblent parfois jouir les délinquants.

 

Leur raisonnement est simple

 

Ils estiment eux aussi pâtir collectivement de la réputation détestable des fauteurs de troubles. Leur propre confort de vie sur place et le maintien de relations harmonieuses avec les Thaïlandais imposent, selon eux, d’en passer par davantage de restrictions et l’instauration d’une répression accrue.

 

Patrick Chesneau

5 Commentaires

  1. Mais qu’arrive-t-il à notre chroniqueur, d’ordinaire bienveillant et plutôt bien informé sur la Thaïlande ? Coup de chaleur d’été, abus de piment d’Isan ou indisposition liée à des mets « dip dip suk suk » ?

    Il ne s’aventure pas à des affirmations étymologiques ou lexicographiques sur « French Arabic », sciences incertaines du retour à l’origine. L’expression est d’usage courant, tant chez les farangs que chez les Thaïs en contact avec les touristes. Et elle n’a rien de laudatif. Les Thaïs ont aussi un contentieux avec leurs musulmans. Et réciproquement.

    Le sujet de l’incivilité de certains groupes n’a rien de neuf. Il apparaît régulièrement depuis au moins vingt ans. Pourquoi cette soudaine résurgence, alors que depuis le Covid et le départ de Phuket de certaines figures du rap français, il semblait s’être apaisé ?

    Songkran, certes, mais ce carnaval qui, pour les Européens, signifie un défoulement d’eau et de transgressions. La police avait mis en garde toutes les communautés de visiteurs. Rien de nouveau donc.

    Les vraies questions sont ailleurs.

    Certes, les « French Arabic » peuvent être pénibles et transposent une vie de quartier sous les tropiques. Mais sont-ils les seuls ? Et les seuls à transgresser les règles de la civilité ? Un commentateur sur Facebook parle de « French alambics », d’autres évoquent des pratiques sexuelles. Moins blâmables ? Moins choquantes aux yeux des Thaïs ?

    Qu’est-ce que le tourisme, sinon une consommation — sea, sex and sun ? Nos « 9-3 » accèdent eux aussi à cette consommation.

    Mais surtout, cette diatribe et cette polémique ne sont-elles pas révélatrices d’une fracture française plus profonde, liée notamment aux questions d’origine et de mixité ? La même que l’on retrouve dans certaines élections municipales. Des « noirs », des « wesh wesh » le moins possible, invisibles de préférence. Restons entre nous, loin de « ces gens-là ».

    Quant au calme évoqué par certains sur Facebook, ce n’est sans doute ni à Phuket ni à Pattaya qu’il faut aller le chercher.

  2. Comment éloigner les « importuns » ? La liste des suggestions émises par notre chroniqueur semble, de guerre lasse, l’épuiser. Tentons de l’« aider » dans son entreprise de « collaboration » avec l’administration locale, consistant à distinguer les « vrais Français » des « faux » et à éloigner ces derniers.

    Des suggestions qui ne manqueront pas, à la suite de notre chroniqueur, de satisfaire nombre de commentateurs avides de recettes imparables qui risquent néanmoins de leur rendre l’accès en Thaïlande impossible. Le but recherché serait alors paradoxalement atteint !

    Comment distinguer les « french-arabics » des « autres »… That is the question pour le « farang » chroniqueur et commentateur. Elle revêt une certaine complexité, d’abord pour ceux qui auraient une double nationalité, voire plus. L’expression « Arabics » viserait-elle les personnes issues de l’Arabie saoudite, du Qatar, etc. ? Cocheraient-ils les cases du fameux et mystérieux « phénotype » ?

    À l’évidence des lectures sous-jacentes, non ! Seraient concernés ceux, peut-on lire, « issus de l’immigration maghrébine » (condition nécessaire, mais jusqu’à quelle génération ?) et encore faudrait-il (condition cumulative ?) qu’ils en présentent le « phénotype » ! Un mot « savant » pour désigner le « faciès » ? Un instrument qui permettait naguère de faire des « rafles » ?

    La recette proposée est-elle totalement pertinente puisqu’elle ne permettrait pas de distinguer, parmi les « phénotypés », ceux qui ne sont pas « french », comme les « swiss-arabics », des « belgo-arabics » et, pourquoi pas, les « québéco-frenchs »…

    Si l’on veut, au-delà du « phénotype », s’assurer de la qualité de « french », faudra-t-il s’en tenir, au poste frontière, à la prononciation requise de quelques mots de français afin de mesurer une « dose vocale du phénotype » ? Une sérieuse formation des agents de l’immigration s’imposerait pour un résultat peu sûr et qui serait contesté.

    Peut-on espérer une aide de l’IA dans la reconnaissance des inflexions microscopiques de la prononciation de certains mots judicieusement choisis ? S’en tenir au passeport et à la mention de la nationalité ne serait d’aucun secours, la qualité de « french » s’imposant. Ne faudrait-il pas alors fournir d’autres pièces, comme les actes de naissance des parents, grands-parents, si ce n’est plus, et laisser l’administration locale apprécier et décider de l’entrée ? Les consulats devraient alors les exiger en cas de demande de visa. Une traduction de toutes ces pièces par un traducteur agréé serait nécessairement de règle.

    Comme pour notre chroniqueur, je m’épuise dans cette recherche obsessionnelle et maladive sous-jacente, à laquelle je feins de m’associer afin de mettre à jour les impensés nauséabonds qui minent la « santé » du farang et produisent périodiquement des éruptions eczémateuses et purulentes.

  3. « Curieusement, nombreux sont les touristes et les ressortissants français établis en Thaïlande qui acquiescent à davantage de formalités et, partant, à plus de tracasseries. » Ah bon ? On verrait les mêmes se plaindre par réflexe administrophobe s’ils devaient payer un visa et fournir 3 docs numérisés. Pareil pour les résidents un simple coup d’œil aux groupes sur les RS- suffira. Car plus de règles oui toujours, si elles ne s’appliquent pas à soi-même. So French !

  4. En effet, ces incivilités à répétition sont intolérables. Nous demandons aux autorités thaïes plus de répression : expulsion, interdiction de revenir en Thaïlande, peines de prison ferme, amendes élevées. Aucune tolérance ne doit être permise pour le bien des vrais touristes, qui souhaitent passer des vacances dans la paix et la tranquillité. Il ne faut pas exporter les problèmes des banlieues de France en Thaïlande.

    On vient ici pour se reposer dans le calme et dans la bonne humeur.

  5. Je tiens à exprimer mon soutien à Patrick Chesneau pour avoir osé aborder frontalement un sujet que beaucoup préfèrent éviter.

    L’usage du terme « French arabics » choque, interroge, dérange — et c’est précisément pour cela qu’il mérite d’être discuté plutôt que balayé d’un revers de main. Ce que cette expression maladroite tente de désigner, ce ne sont pas des origines, mais une réalité observée sur le terrain : celle de certains groupes de touristes français, identifiables, dont les comportements à l’étranger — incivilités, violences, non-respect des règles locales — posent un réel problème et alimentent des tensions avec les populations locales.

    Il est essentiel de le rappeler avec force : ces comportements ne définissent en rien l’ensemble des Français d’origine maghrébine, ni aucune communauté dans son ensemble. La responsabilité est individuelle. Mais ignorer ces dérives, par peur des mots ou de la polémique, revient à laisser prospérer les amalgames les plus injustes.

    Le travail de Patrick Chesneau consiste justement à mettre en lumière cette zone de friction : entre réalité de terrain, perception locale et risque de stigmatisation. Ce n’est pas un exercice facile, mais c’est un travail nécessaire.

    Les faits de délinquance en Thaïlande d’une certaine population, qui ne représente pas la France et qui, par réflexe, se victimise dès qu’on ose les dénoncer, sont insupportables et représentent un véritable crève-cœur pour la Thaïlande. J’espère que des accords de répression sévère entre la France et la Thaïlande seront trouvés pour recadrer ces personnes antisociales.

    Votre journal ne doit pas se laisser intimider et doit continuer son formidable travail journalistique, dont je suis fan !!! Merci 🙏

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