
À l’approche des élections des conseillers des Français de l’étranger, la liste « L’Avenir en commun – Thaïlande / Myanmar » publie une tribune consacrée au rôle des élus consulaires, au fonctionnement des services publics à l’étranger et aux enjeux de transparence dans la représentation des Français établis en Thaïlande et en Birmanie.
Nous la reproduisons ici.
L’Avenir en commun – Thaïlande / Myanmar est une liste intergénérationnelle soutenue par La France insoumise et engagée dans l’Union populaire. Nous nous présentons à l’élection des Conseillers des Français de l’étranger avec une ambition claire : défendre la justice sociale, l’écologie et l’accès réel aux services publics pour toutes et tous.
À Bangkok comme dans l’ensemble de la circonscription, de nombreux·ses Français·es font face à des difficultés très concrètes : accès aux soins, hausse des frais de scolarité, complexité administrative, recul des services publics. La dématérialisation, loin d’être neutre, accentue trop souvent l’éloignement des droits et l’isolement des usager·ères. Nous refusons cette situation et affirmons la nécessité d’un service public consulaire humain, accessible et de proximité.
Mais au-delà des constats, notre candidature porte une exigence politique centrale : le rôle des élu·es consulaires doit être clarifié et réaffirmé. Un·e élu·e n’est pas un chef communautaire, ni un porte-parole autoproclamé, ni un gestionnaire parallèle de l’administration. C’est un mandat de représentation, encadré, limité, qui exige transparence, probité et sens du service public.
C’est pourquoi nous dénonçons les dérives d’un discours publié ici dans vos colonnes, qui transforme des dysfonctionnements techniques, comme ceux observés autour du vote électronique, en récit de rupture démocratique généralisée. À partir d’un problème réel, certains construisent une dramaturgie politique où l’administration devient un adversaire et l’élu un sauveur autoproclamé. Cette logique n’est pas de l’information : c’est une construction politique.
Le rôle des conseillers des Français de l’étranger n’est pas de nourrir ces mises en scène. Il est d’agir dans les instances consulaires, sur l’action sociale, les bourses, la sécurité et l’accompagnement des citoyens. Rien de plus, mais surtout rien de moins. L’administration publique n’est pas un ennemi : elle est un service qui nous appartient à toutes et tous, qu’il faut améliorer, pas remplacer par des réseaux personnels.
Cette confusion se retrouve aussi dans le rapport entre élus et associations. Dans le réseau des Français de l’étranger, certaines structures jouent un rôle utile et ancien. Mais d’autres deviennent des machines d’influence, où engagement associatif, visibilité personnelle et stratégie électorale se confondent dangereusement.
Il faut le dire clairement : une association, surtout lorsqu’elle relève du droit local et non de la loi française de 1901, n’est pas un mandat démocratique. Elle ne confère aucune légitimité représentative. Pourtant, elle est utilisée dans cette tribune comme levier d’autorité, de représentation implicite, voire comme justification d’un accès privilégié aux dispositifs publics.
Les fonds OLES (Organismes Locaux d’Entraide et de Solidarité) illustrent cette zone de tension. Destinés à l’aide sociale d’urgence, ils reposent sur une architecture indirecte : les services consulaires ne distribuent pas seuls, mais s’appuient sur des associations locales chargées de mettre en œuvre les aides. Ce système fonctionne, mais il ouvre une fragilité majeure : le contrôle réel dépend de la transparence des structures, de la vigilance des élus et du suivi de l’administration.
Quand ces garde-fous faiblissent, le risque est clair : captation des dispositifs sociaux, confusion entre aide publique et réseau privé, et constitution de micro-pouvoirs locaux. Ce n’est plus de l’engagement associatif, c’est une forme de notabilisation politique adossée à des ressources publiques.
L’éthique d’un élu devrait être l’exact inverse de cela : refus des logiques d’entre-soi, refus du clientélisme, refus de la confusion entre réseau personnel et intérêt général. Transparence, indépendance, responsabilité : ces principes ne sont pas optionnels, ils sont le minimum démocratique.
C’est pourquoi le choix des électeurs est décisif. Un mandat consulaire ne se juge pas à la présence sur les réseaux ou à l’ancienneté dans les cercles communautaires, mais à des critères simples : probité, cohérence, capacité de travail, respect des institutions, et indépendance réelle.
Un élu consulaire n’est pas le propriétaire d’une communauté. Il en est le représentant temporaire, comptable devant les électeurs et non devant son propre réseau.
Nos trois propositions concrètes pour le consulat
Face aux difficultés rencontrées par les Français·es de Thaïlande et du Myanmar, nous portons trois engagements simples et applicables à l’échelle du conseil consulaire.
1. Un service consulaire humain et accessible
Nous défendons le maintien d’un accueil physique et téléphonique de qualité dans les consulats et permanences consulaires. La dématérialisation ne doit jamais devenir un obstacle à l’accès aux droits.
2. Des démarches simplifiées et mieux coordonnées
Nous voulons limiter la dispersion en renforçant un point d’entrée plus lisible pour les principales démarches (bourses, protection sociale, retraite, certificats de vie), afin de garantir un meilleur accompagnement.
3. Transparence et égalité dans l’accès aux aides
Nous nous engageons à la transparence de nos positions et votes en conseil consulaire, notamment sur les aides. Les décisions doivent être prises selon des critères clairs, sans logique de réseau ni traitement privilégié.
Nous invitons toutes celles et ceux qui souhaitent suivre nos propositions, nos prises de position et notre campagne à nous retrouver sur nos réseaux sociaux :
● Facebook : aecthailandemyanmar
● Instagram : aec_thailande_myanmar
● Site : avenirencommun.asia
Chaque voix compte.
Entre une représentation partisane ou une représentation engagée ; entre l’opacité ou la transparence ; entre la gestion de l’existant ou la volonté de changement : le choix vous appartient.
Votez pour L’Avenir en commun – Thaïlande / Myanmar.
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici.









Cette tribune publiée par la liste « L’Avenir en commun – Thaïlande / Myanmar » a au moins un mérite : celui de révéler une profonde méconnaissance de la réalité du terrain consulaire en Thaïlande… et quelques contradictions assez spectaculaires.
Car enfin, que nous reproche-t-on exactement ?
D’avoir créé du lien humain ?
D’avoir aidé concrètement des Français en difficulté ?
D’avoir informé, accompagné, orienté, soutenu ?
D’avoir été présente lorsque beaucoup ne voyaient plus personne ?
Depuis des années, l’AFI agit sur le terrain, dans le réel, au quotidien. Pas dans les slogans. Pas dans les postures. Pas dans les grandes déclarations idéologiques. Dans la vie concrète des Français de Thaïlande.
Or, plutôt que de reconnaître ce travail, cette tribune préfère multiplier les insinuations : « machines d’influence », « micro-pouvoirs », « clientélisme », « sauveur autoproclamé », « réseaux privés »…
Autant de procès d’intention sans le moindre fait précis, sans le moindre exemple concret, sans la moindre démonstration sérieuse.
Cette méthode est connue. Lorsqu’on ne peut nier l’utilité d’une structure, on tente de rendre suspecte sa légitimité.
Mais le plus étonnant reste sans doute la contradiction politique du texte.
Voir une liste soutenue par LFI présenter soudainement l’administration et les institutions comme des structures quasi sacrées qu’il serait inconvenant de critiquer a quelque chose de vertigineux voire de risible.
Depuis des années, ce courant politique construit pourtant l’essentiel de son discours sur la critique permanente des institutions françaises, des administrations, des services publics, des forces de l’ordre, des autorités de l’État, des mécanismes électoraux ou encore du fonctionnement démocratique lui-même.
Mais lorsqu’en Thaïlande des Français dénoncent des dysfonctionnements réels du vote électronique, reconnus jusque dans les échanges officiels du Ministère, il faudrait soudain se taire au nom du respect institutionnel ?
Curieuse conception du débat démocratique.
Non ! Signaler des dysfonctionnements n’est pas « fabriquer une dramaturgie ».
C’est exercer un devoir d’alerte citoyenne.
Et surtout, contrairement à ce qu’insinue cette tribune, l’AFI n’a jamais prétendu remplacer l’administration ni parler au nom de l’État. Elle agit là où toute association d’entraide agit naturellement : dans l’accompagnement humain.
Les Français de Thaïlande savent parfaitement faire la différence entre une administration, une association, et un mandat électif. Ils savent aussi reconnaître ceux qui existent toute l’année… et ceux qui apparaissent principalement à l’approche d’une élection.
Enfin, la confusion juridique concernant le statut même de l’AFI est particulièrement révélatrice.
Écrire qu’une association « relevant du droit local et non de la loi française de 1901 » poserait en soi question démontre surtout une méconnaissance étonnante du fonctionnement juridique des associations françaises établies à l’étranger.
L’AFI est une association de droit thaïlandais. La loi française de 1901 n’a évidemment pas vocation à régir une structure enregistrée en Thaïlande.
Pour des candidats aux élections consulaires, cette approximation n’est pas anodine.
En réalité, cette tribune semble surtout gênée par une chose très simple : l’existence d’une légitimité née du terrain, du bénévolat, de la présence humaine et de la confiance construite au fil des années.
Or une communauté ne se résume pas à une mécanique administrative.
Elle vit aussi grâce aux femmes et aux hommes qui s’engagent, librement, pour les autres.
Et cela, manifestement, certains ont du mal à l’accepter.