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Thaïlande : L’homme qui parlait à l’oreille des éléphants

Journaliste : Mery Payet
La source : Gavroche
Date de publication : 12/06/2013
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Un coup de cœur, un changement de vie. Après de nombreuses péripéties, François Collier et sa famille se sont installés en 2004 à Thong Pha Phum, en bordure du lac Sangklaburi. Ils y vivent en harmonie avec des animaux de plus de deux tonnes et ouvrent leur porte aux visiteurs, pour une expérience inédite.

 

Après la balade de la matinée, entre bordure de lac et forêt de palmiers, propriétaire, cornacs et visiteurs se retrouvent pour assister au repas des éléphants. Un bidon d’eau et des tronçons de palmiers constituent la pause déjeuner des pachydermes.

 

Les cornacs en profitent pour se détendre sur un tronc d’arbre servant de banc improvisé.

 

« Il n’y a rien d’extraordinaire dans ce que l’on fait », confie François Collier, maître des lieux. En effet, il ne s’agit que d’éléphants qui s’alimentent, mais ce qui paraît presque naturel pour cet homme qui vit au contact des animaux depuis dix ans, est totalement hors du commun pour les visiteurs.

 

Mariée à une Philippine et véritable amoureux de l’Asie, François Collier avait déjà fait plusieurs voyages en Thaïlande avant d’avoir un véritable coup de foudre pour… un éléphant ! Il décide alors de tout quitter en France et de s’installer en Thaïlande avec sa femme et ses cinq enfants afin de vivre au plus près des pachydermes. C’est le début de l’aventure du Ganesha Park. Il parle de son projet sur des forums et cherche des fonds pour donner forme à son idée.

 

Pas d’animaux à qui l’on apprend des tours, ni organisation d’usine chez lui, juste trois éléphants de 36, 37 et 79 ans, souvent maltraités, qu’il a loués ou achetés lorsqu’il l’a pu, pour leur offrir une vie meilleure. « Pour moi, il ne s’agit pas d’un parc, explique François, mais d’une maison familiale où l’on vit avec les éléphants. Si j’avais les moyens financiers pour prendre soin des éléphants, je n’organiserais sans doute pas ces séjours. » La formule qu’il propose s’étale sur deux nuits et trois jours. Le premier soir, les vacanciers arrivent en général en fin d’après-midi et profitent du coucher de soleil sur le lac Sangklaburi, ils partagent ensuite une soirée avec la famille : ils discutent, apprennent à se connaître, échangent avec les jeunes cornacs, les enfants courent et jouent tandis que Kenji, le fils de François, gratte sa guitare. Le deuxième jour est consacré aux éléphants, et tous se retrouvent le soir, autour d’un repas pour partager leur ressenti, avant de se quitter le lendemain matin. Malgré ce brassage quotidien, c’est une ambiance légère et familiale qui règne en permanence sur la propriété.

 

Pourtant, tout n’a pas toujours été si facile. Lorsque la famille s’installe, certains voisins thaïlandais voient d’un mauvais œil cette activité, considérée comme chasse gardée de la population locale. « J’avais trouvé un emplacement en face d’un temple où était représenté le dieu des éléphants Ganesha, d’où le nom du projet, mais ça ne s’est pas concrétisé, raconte François. Puis j’ai trouvé un nouveau terrain près de la rivière Kwai, à Kanchanaburi. Mais on m’a demandé de partir. J’ai du déménager trois fois avant de trouver où m’installer, ici à Thong Pha Phum ». Ses relations avec les soigneurs n’ont pas toujours été au beau fixe non plus. « A l’époque où je louais tous mes éléphants, les cornacs m’étaient imposés. Il est arrivé qu’ils refusent du jour au lendemain de faire une partie du parcours prévu lors des balades, ou qu’ils me demandent de doubler leur salaire sous peine d’arrêter leur travail, et je n’avais pas d’autre choix que de céder », explique ce passionné. Aujourd’hui, il possède deux de ses trois éléphants et a pu choisir de travailler avec des soigneurs qu’il apprécie : certains sont passionnés et d’autres ont toujours vécu à leur contact.

 

Au plus près des bêtes

 

Pour nourrir ses trois éléphants, qui consomment plus de six tonnes de bananes, palmiers et autres végétaux chaque semaine, François ouvre donc sa maison aux vacanciers, francophones en majorité. Loin des classiques parcs destinés au tourisme de masse, le Ganesha Park propose un séjour en petit comité – pas plus de six visiteurs – où l’on vit au rythme des animaux.

 

Dès neuf heures, devancé par François, le groupe du jour s’enfonce dans une forêt de palmiers jusqu’à découvrir Yani, Sengdao et Tongdeng, déjà en train de dévorer toutes les herbes sur leur passage. Premier moment d’extase : on peut approcher, toucher la peau rugueuse et commencer à se familiariser avec ces trois femelles. François en profite pour donner les deux règles majeures à respecter : ne jamais approcher un éléphant si son soigneur n’est pas à proximité et faire attention à la queue de l’animal dont les poils épais peuvent laisser des cicatrices en cas de coup.

 

Viennent ensuite les explications pratiques : comment monter sur un éléphant, comment en descendre. Les cornacs donnent l’exemple, ils grimpent sur la patte avant, comme sur un escalier, pour monter l’animal, et se laissent glisser de sa tête pour en descendre. Dans un sentiment mêlé de peur et d’excitation, c’est enfin le moment pour les Français de prendre place derrière les oreilles des pachydermes pour les accompagner à la baignade du matin. Simplicité et authenticité, voici les maîtres mots des activités proposées. Les éléphants s’immergent petit à petit dans l’eau entraînant avec eux leurs « cavaliers ». Les cornacs commencent à faire des cabrioles dans les airs, propulsés par la trompe de leur éléphant, bientôt imités par l’ensemble du groupe.

 

La journée se poursuit par une balade vers un village en bordure de lac. Certains s’habituent au pas balancé de l’éléphant et trouvent leur équilibre, tandis que d’autres préfèrent marcher à leur côté. « Je n’ai même pas éprouvé le besoin de monter sur un des éléphants et pourtant, je monte à cheval », confie Cécile, en vacances avec son mari et son fils. « Mais partager ce moment, être avec eux, aussi près, c’est ce que je voulais. »

 

Une expérience à vivre

 

En plus de l’organisation de ces séjours, François accueille des volontaires qui accompagnent les visiteurs en balade, secondent les cornacs dans le soin quotidien des éléphants et partagent la vie de la famille. Des « thérapies éléphants » sont également organisées en présence d’un thérapeute. Les éléphants étant des animaux calmes, conscients des choses, avec un œil parfois humain, à leur contact, les gens prennent un autre rythme, arrivent à se détendre et à lâcher prise.

 

Une atmosphère particulière règne sur ce lieu : la proximité du lac Sangklaburi, les montagnes birmanes au loin et le contact avec les animaux donnent l’impression d’être dans une bulle où tout n’est qu’apaisement et partage. Aujourd’hui, François Collier cherche à acheter un nouvel animal et parcourt les camps d’éléphants à la recherche d’un pachyderme dont les propriétaires ne voudraient plus. Mais malgré leur âge ou leur condition, acheter un éléphant a un coût : entre 15 000 et 25 000 euros. « J’ai récemment eu connaissance de la raison pour laquelle on a accepté de me vendre Yani, l’éléphante de 79 ans », raconte François.

 

« Ses propriétaires pensaient qu’elle allait mourir, l’espérance de vie d’un éléphant étant, en moyenne, de 75 ans. C’était une bonne affaire. Pourtant, depuis qu’elle a rejoint le projet, Yani se porte à merveille. » Tous les efforts réalisés prennent alors leur sens lorsqu’on croise l’œil vif et reconnaissant de ces animaux. Une expérience à vivre intensément.

 

www.ganeshapark.com

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