
Les images ont de quoi surprendre. Soupçonné d’avoir abattu le président de l’exécutif provincial de Nonthaburi, l’ancien député Chalong Riewrang apparaît sans menottes après sa reddition, puis cigarette à la bouche dans un commissariat. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a critiqué la manière dont la police locale a géré le suspect.
L’affaire avait déjà provoqué une vive émotion à Nonthaburi. La diffusion d’images montrant les conditions dans lesquelles Chalong Riewrang a été pris en charge par la police après sa reddition ouvre désormais une nouvelle polémique.
Sur les photographies, l’ancien député apparaît sans menottes et échange librement avec les personnes qui l’entourent. D’autres clichés le montrent assis dans un poste de police, entouré d’agents et, sur l’un d’eux, une cigarette à la bouche.
Un contraste saisissant avec la gravité des faits qui lui sont reprochés : Chalong est soupçonné d’avoir mortellement blessé par balles Thongchai Yenprasert, président de l’Organisation administrative provinciale (PAO) de Nonthaburi.
Anutin demande le respect des procédures
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a critiqué la gestion du suspect par les policiers locaux. Selon lui, le chef de la police nationale a rappelé à l’ordre les agents concernés et ordonné que l’affaire soit traitée conformément aux procédures habituelles.
La Police provinciale de la région 1 nie cependant tout traitement de faveur. Son commissaire, Wattana Yeejin, explique que Chalong avait été autorisé à parler aux journalistes parce qu’il souhaitait présenter ses excuses à la famille de la victime.
Un différend financier au cœur de l’enquête
L’ancien député aurait reconnu avoir agi seul et évoqué un différend ancien lié à un prêt de plusieurs millions de bahts.
Il affirme également avoir ouvert le feu après avoir vu le chauffeur de Thongchai sortir une arme. Les policiers ont effectivement retrouvé un pistolet dans le véhicule de la victime, mais celui-ci n’avait pas été utilisé. Les enquêteurs confrontent désormais cette version aux images de vidéosurveillance et aux expertises médico-légales.
Dans une affaire impliquant deux personnalités influentes de la vie politique locale, la police doit désormais répondre à deux questions distinctes : établir précisément les circonstances du meurtre et expliquer les conditions de prise en charge du suspect après sa reddition.










