
Une chronique de Patrick Chesneau
En tous points du Royaume, on a fêté, ce 12 août, l’anniversaire de la naissance de la Reine Mère Sirikit. Disparue en octobre dernier, elle reste une référence absolue pour les 70 millions de sujets de la Couronne. Sa personnalité lumineuse enchante les cœurs. Indissociable de l’amour qu’elle portait à son peuple.
Elle présidait aux destinées de la Croix-Rouge thaïlandaise. De fait, sa bienveillance a littéralement irradié la nation. Anobli les âmes. Comme une incandescence, tant elle incarnait aux yeux de tous la beauté, l’élégance et la distinction. Ambassadrice inlassable de la mode locale et de l’artisanat issu de toutes les provinces. Souvenir impérissable. Suscitant quotidiennement reconnaissance et gratitude.
Une figure indissociable de la monarchie thaïlandaise
Elle était l’épouse du roi Rama IX, Bhumibol Adulyadej (prononcer « Poumipone Adouliadè »), dont le règne a duré 70 ans. Mère de l’actuel roi Rama X, Maha Vajiralongkorn. En Thaïlande, la monarchie est non seulement respectée. Elle est vénérée. Au point d’être une composante primordiale de la thainess, cette notion qui englobe toutes les facettes de l’identité siamoise.
Nul étranger ne peut éluder un tel constat.
Le 12 août, jour de toutes les mamans
Autre source de joie inépuisable. Le 12 août coïncide chaque année avec la fête des Mères en Thaïlande. สุขสันต์วันแม่ – Suk San Wan Mae (prononcer « souk sanne ouanne mè »). Hommage rendu, en ce jour, aux millions de mamans, symboles, sous cette latitude, d’amour et de dévouement.
Donnée de base : elles sont, dans la plupart des cas, le pilier du foyer. Prêtes à consentir tous les sacrifices pour élever dignement leurs enfants. À l’instar de toutes les mamans du monde. Compte tenu, tout de même, d’une particularité : elles évoluent dans un environnement unique et original, la société thaïlandaise.
Les piliers de la famille et de la société
À force d’abnégation et de volonté, elles réussissent, dans l’immense majorité des cas, à triompher de l’adversité, des embûches et des vicissitudes qui jalonnent la vie ordinaire. Surtout dans les milieux modestes.
Qu’elles soient figures de proue de familles nombreuses ou single moms — expression anglophone désignant les jeunes mères célibataires, phénomène si répandu en Thaïlande —, les mamans du pays du sourire sont les premières à transmettre l’éducation, la culture et les traditions originelles.
Garantes, en première ligne, de la cohésion sociale.
Femmes vouées aux durs labeurs en ville. Aux contraintes des travaux harassants dans les campagnes. Urbanité, ruralité… Partout indispensables. En toutes circonstances, irremplaçables.
De génération en génération, elles illustrent quelques valeurs essentielles : le courage, la force de caractère, la vaillance, la responsabilité. Sans jamais omettre la joie de vivre.
Entre « mai pen rai » et exigences de la modernité
Constamment, elles doivent arbitrer entre les délices de l’insouciance en mode mai pen rai et les exigences de la modernité. La nécessaire adaptation au monde du futur, sans jamais rompre avec le passé, l’histoire et l’héritage des siècles. Joli défi que toutes les mères de Thaïlande ont naturellement entrepris de relever.
Patrick Chesneau
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