
Le Parti communiste vietnamien (PCV) a confirmé vendredi l’élection de To Lam au poste de secrétaire général, la fonction la plus influente du régime, à l’issue du congrès national du parti tenu à Hanoï. Le Premier ministre sortant Pham Minh Chinh et le président Luong Cuong ne font pas partie de la nouvelle direction et devraient être remplacés dans les prochains mois.
Âgé de 68 ans, To Lam, ancien ministre de la Sécurité publique, occupait déjà ce poste depuis 2024, après le décès en cours de mandat de son prédécesseur Nguyen Phu Trong. Son élection lui permet de diriger le parti jusqu’en 2030.
Lors de la cérémonie de clôture du congrès du congrès To Lam a réaffirmé l’engagement de la direction envers les principes fondamentaux du régime : « Le 14e Comité central du parti déclare sa loyauté absolue aux objectifs et idéaux du parti, plaçant l’intérêt national au-dessus de tout, préservant l’indépendance et l’autonomie, et défendant résolument la patrie et le peuple », a-t-il déclaré devant les délégués.
Une ambition économique assumée
En 2025, le produit intérieur brut du Vietnam a progressé de 8 %, soit sa deuxième meilleure performance en quinze ans. Le gouvernement espère porter la croissance annuelle à au moins 10 % sur la période 2026-2030. À l’horizon 2045, année du centenaire de l’indépendance du pays, les autorités ambitionnent de faire du Vietnam une économie à revenu élevé.
La transformation numérique figure également parmi les axes majeurs de la stratégie gouvernementale. Hanoï entend par ailleurs approfondir ses relations avec l’ensemble des grandes puissances, notamment les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Union européenne, le Japon et l’Inde.
Un Politburo partiellement renouvelé
Le congrès a également procédé à l’élection des 19 membres du Politburo, l’organe de direction le plus puissant du parti pour les cinq prochaines années, dont dix ont été reconduits. Le Premier ministre Pham Minh Chinh et le président Luong Cuong n’ont pas été réélus, condition nécessaire pour conserver leurs fonctions. Leurs successeurs devraient être désignés lors de la prochaine session de l’Assemblée nationale, attendue en avril ou mai.
Parmi les nouveaux membres du Politburo figurent notamment Le Minh Hung, ancien gouverneur de la banque centrale et fils d’un haut responsable de la sécurité publique, ainsi que Nguyen Thanh Nghi, fils de l’ancien Premier ministre Nguyen Tan Dung. Le président de l’Assemblée nationale Tran Thanh Man est reconduit, tout comme le ministre de la Défense Phan Van Giang et le ministre de la Sécurité publique Luong Tam Quang.
Un pouvoir partagé, mais une figure dominante
Le Vietnam reste un État à parti unique, régi par un système dit des « quatre piliers » répartissant le pouvoir entre le secrétaire général du parti, le président, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, afin d’éviter toute concentration excessive. Ces dernières années, le poste de secrétaire permanent du secrétariat a été ajouté à ce cercle dirigeant.
Dans les faits, la fonction de secrétaire général, occupée par To Lam, demeure la plus influente.
À la clôture du congrès, le dirigeant s’est engagé à construire un parti « propre et fort », à intensifier la lutte contre la corruption et le gaspillage, et à écarter « les individus opportunistes et irresponsables » de l’appareil d’État.
Interrogé ensuite sur la politique internationale, To Lam a insisté sur le rôle diplomatique du Vietnam dans un monde instable : « Nous sommes très activement engagés dans la résolution des conflits et la promotion de la paix mondiale. Dans un monde fragmenté et divisé, la coopération est essentielle pour relever des défis communs, car notre interdépendance est immense et indivisible », a-t-il déclaré.
Un discours qui confirme la volonté de Hanoï de conjuguer ambitions économiques, stabilité politique et diplomatie multilatérale.
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