
Pendant près de dix ans, un homme sans diplôme de chirurgie dentaire aurait reçu des patients dans une clinique clandestine de la province de Buriram, dans le nord-est de la Thaïlande. Son activité a pris fin jeudi 30 juillet, lorsque la police et les autorités sanitaires ont mené une opération qui l’a surpris en train de poser un appareil orthodontique à une jeune femme de 19 ans.
L’enquête a débuté après plusieurs signalements de riverains faisant état d’une clinique non agréée proposant des soins dentaires, des traitements orthodontiques et même la pose d’« appareils dentaires fashion », un phénomène déjà bien connu en Thaïlande.
Ces appareils, recherchés davantage pour leur aspect esthétique que pour leur utilité médicale, présentent des risques importants lorsqu’ils sont posés en dehors de tout cadre médical. Les autorités sanitaires mettent régulièrement la population en garde contre cette pratique.
Lors de la perquisition, les enquêteurs ont interpellé trois personnes qui prodiguaient des soins à des patients. Ils ont saisi des médicaments, des anesthésiques ainsi que du matériel dentaire et d’orthodontie jugé non conforme aux normes sanitaires.
Selon le Dr Yutthana Suriya, directeur du bureau provincial de la santé publique, des personnes sans qualification faisaient courir aux patients un risque de contamination par des maladies transmissibles par le sang, comme l’hépatite, ainsi que de lésions irréversibles de la bouche.
La jeune femme a expliqué avoir découvert la clinique sur les réseaux sociaux. Venue pour se faire poser un appareil dentaire, elle a rapidement remarqué qu’aucune radiographie ne précédait le traitement, contrairement aux pratiques habituelles. Lorsqu’elle a interrogé le praticien, celui-ci lui aurait assuré qu’une « nouvelle technologie » rendait cet examen inutile. Les policiers ont toutefois découvert que la clinique ne possédait tout simplement aucun appareil de radiographie.
Selon la police, le principal suspect, âgé de 28 ans et identifié sous le seul prénom de « Kai », a reconnu ne posséder aucun diplôme de chirurgie dentaire. Il a toutefois affirmé exploiter cette clinique depuis plus de dix ans et attendre la délivrance d’une autorisation des services provinciaux de santé. Les autorités n’ont pas confirmé cette version.
Les trois suspects ont été mis en cause pour exercice illégal de la chirurgie dentaire et exploitation d’un établissement de santé sans les autorisations requises. L’enquête se poursuit.
Au-delà de cette affaire, les autorités y voient un rappel des dangers liés aux cliniques illégales qui recrutent leur clientèle via les réseaux sociaux en proposant des traitements à bas prix. Elles recommandent aux patients de vérifier systématiquement que les cabinets dentaires affichent une autorisation d’exercer et le numéro de leur licence avant d’entreprendre tout traitement. Cette vigilance est particulièrement importante pour les soins orthodontiques, dont la réalisation sans examen préalable ni matériel adapté peut entraîner des conséquences durables pour la santé bucco-dentaire.
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