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ASIE – GÉOPOLITIQUE : Où va la Chine, cette puissance mondiale dont le sort de l’Asie dépend

Date de publication : 06/02/2023
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Muraille de Chine

 

« Où va la Chine ? » Cette question, tout le monde se la pose. Encore plus au moment où des ballons d’observation chinois survolent le continent américain, provoquant une nouvelle crise diplomatique entre Pékin et Washington. Logique, par conséquent, que notre ami Yves Carmona, ancien Ambassadeur de France, se penche sur le sujet.

 

Par Yves Carmona.

 

Sans y avoir personnellement séjourné longtemps, il me paraît légitime de poser la question car la Chine est partout. Elle était même dans l’intervention du 9 octobre 2021 d’Edouard Philippe, ex-Premier ministre qui évoquait 4 vertiges :

 

1. le vertige démographique ;
2. le vertige environnemental ;
3. le vertige géopolitique avec la Chine, le risque de périphérisation européenne et la remise en cause de la liberté, du multilatéralisme ;
4. le vertige technologique, Covid y compris.

 

C’est que la Chine recouvre plusieurs temporalités et spatialités et c’est cette diversité qu’il faut avoir à l’esprit – il faudrait l’avoir pour tout pays.

 

a) Temporalités : la Chine millénaire n’est pas celle d’aujourd’hui ni ce qu’elle sera en 2050.

 

b) Géographie : de quelle Chine parle-t-on, celle de Pékin ou celle du Sinkiang où vivent des Ouïghours, celle du Tibet où le processus de sinisation n’a pas encore éliminé les cultures autochtones, celle de Taïwan où les autochtones refusent l’assimilation, celle de Hong Kong où il n’existait rien avant la colonisation britannique mais où les Chinois venus de PRC sont de plus en plus nombreux et revendiquent une identité propre ? Or ils ne savent, et nous avec eux, s’ils sont de Hong Kong ou de Pékin. S’ils sont de Shanghai, on y parle une langue différente. Certains vont jusqu’à penser que la Chine est trop grande et que, comme à l’époque des royaumes combattants au Vème siècle, elle va ou devrait se fractionner.

 

« La Chine » ou plutôt le pouvoir de Pékin affronte déjà des défis actuels et ne va pas tarder à en connaître d’autres. Commençons par l’existant.

 

I. La COVID : un chaos qui ébranle le régime mais il est improbable qu’il y mette fin.

 

Sans répéter ce que montrent tous les jours les médias, la fin soudaine, sans avoir pris soin de vacciner correctement les plus âgés, d’une politique insensée de « zéro-COVID » provoque un degré de contamination élevé et un nombre de morts tel qu’il faut attendre son tour au crématorium. Le pouvoir chinois espérait montrer qu’il avait su juguler la pandémie, c’est raté. L’économie est atteinte par la pandémie et les sanctions commerciales, comme cela a été illustré par la grève de l’usine Foxconn de Zhengzhou où plus de 200 000 travailleurs fabriquent des iPhone. Le Nikkei publie en janvier 2023 une croissance en 2022 à 3 %, la plus basse depuis 61 ans.

 

Rétrécissons un peu le regard, la région de la « grande baie », tout de même un PIB qui dépasse celui de Corée du Sud, 11 villes de la Chine « usine du monde » dont Shenzhen, Macao et Zhuhai, en son sein Hong Kong peut d’après le Nikkei rester compétitive avec Shanghai et Singapour dans le secteur financier à condition – et ce n’est pas le cas –  que Pékin assure une économie libre et ouverte… Pour le moment, Hong Kong décline. En revanche, les industriels japonais peuvent s’inquiéter d’une moindre influence en Asie du Sud-Est car la Chine y est devenu numéro 1 pour l’investissement étranger.

 

Mais il serait hasardeux de voir là la fin du régime car Xi Jinping a fait le vide autour de lui…

 

Cependant, d’autres projets avancent sans forcément réussir à tout coup.

 

II.  Les nouvelles routes de la soie, une politique opportuniste à dominante commerciale.

 

Les nouvelles routes de la soie (BRI) lancées en 2013 constituent-elles une stratégie ? Les avis sont controversés. Les plus inquiets sont les États-Unis, certains de leurs alliés et médias occidentaux. Ceux qui, au contraire, voient dans les nouvelles routes de la soie l’occasion d’attirer vers eux des investissements sont près de nous des membres de l’Union européenne (UE) ou candidats à en faire partie : les trois Baltes, les pays de l’Est, le Luxembourg et l’Autriche, Chypre, l’Italie, le Portugal, Malte, la Grèce, la Slovénie, la Croatie et les candidats : la Bosnie-Herzégovine, l’Albanie, la Macédoine et la Serbie.
La France intervient au cas par cas. Quant à l’Allemagne, un article de Ernst Stetter, conseiller spécial du président de la Fondation Jean-Jaurès pour l’Europe, fait le point sur la politique chinoise de Berlin mais aussi l’embarras dans lequel se trouvent certaines de ses grandes entreprises. Je cite :

 

« Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est rendu les 3 et 4 novembre 2022 à Pékin pour rencontrer l’homme fort de la Chine, Xi Jinping que le récent congrès du Parti communiste chinois (PCC) a autorisé à accomplir un 3ème mandat.

 

Les craintes d’un scénario russe grandissent face à une Chine qui place ses intérêts au-dessus de tout, mène des actions toujours plus dures contre les membres de l’opposition, persécute ses minorités et menace ouvertement Taïwan.

 

En 2021, la Chine était devenue le plus grand partenaire économique d’Allemagne, avec un volume commercial de 245 milliards d’euros.

 

L’industrie allemande devrait, selon le président de l’association de l’industrie allemande (BDI), établir des “lignes rouges pour ne pas être dans un collimateur de dépendance et de chantage”. En revanche, l’ancien chef du groupe Volkswagen, Herbert Diess, soulignait qu’un changement de stratégie économique n’était pas souhaitable, la Chine étant un marché dont la croissance est très importante pour l’industrie allemande.

 

Le cas de la Russie montre bien le danger à dépendre d’un seul fournisseur.

 

Pour le moment, Xi Jinping peut se satisfaire du statu quo : une délégation allemande de douze chefs d’entreprise a accompagné le chancelier lors de sa visite, preuve de l’ampleur des investissements et du commerce allemand en Chine, au grand dam des Américains qui ont accusé Scholz de « trahison ».

 

Bien que l’Allemagne semble toujours courtisée par la Chine en tant que partenaire économique, elle demeure encore trop petite militairement et trop faible politiquement pour être considérée par Pékin comme ayant un réel pouvoir géostratégique à l’échelle mondiale. »

 

Ce qui me paraît avéré, c’est que Pékin a, comme les pays qu’elle séduit, une stratégie opportuniste, c’est-à-dire fondée non sur un plan immuable dont l’Union soviétique a déjà montré qu’il ne fonctionnait pas avant d‘éclater, mais sur les occasions qui se présentent et qui réussissent… ou échouent.

 


1/ L’essentiel, c’est que la BRI avance.

 

Elle a commencé par avoir un but principalement économique et commercial. 750 milliards de $ jusqu’en 2020 lui ont été assignés. Les projets échouent parfois, ainsi la Malaisie a abandonné la même année le projet de train à grande vitesse qui devait être financé par de l’argent chinois. Ils se transforment aussi : au Sri Lanka, il a fallu payer du port de Hambotota l’endettement que le projet avait suscité et cela n’est pas étranger au chaos dans lequel l’ile chère aux touristes a plongé, même si la Chine est loin d’en être seule responsable.

 

En tout cas, ce que ne veulent pas les gouvernements asiatiques, c’est avoir à choisir. Ils sont prêts à utiliser la BRI, en particulier en matière d’infrastructure, et ne veulent pas y renoncer pour des considérations qu’ils jugent politiques.

 

En réalité, les BRI sont loin d’avoir tenu leurs promesses économiques. Elles portent sur 739 Mds $ d’investissement annuel promis aux États de l’ASEAN, mais 9 Mds $ ont été réalisés sur 144Mds$ d’investissement étranger (FDI) dans ASEAN5 (les 5 pays les plus prospères ou les plus gros d’Asie du Sud-Est : Singapour, Malaisie, Brunei, Thaïlande et Indonésie). Au cours des 5 dernières années, l’Indonésie a reçu 4 Mds $ sur 17, la Malaisie 1,5Mds sur 10, la Thaïlande zéro.

 

Il n’y a donc pas d’influence renforcée de Pékin et les difficultés rencontrées par une Chine s’orientant davantage vers son marché intérieur suscitent de la frustration.

 

Tout autour de la PRC, les pays faibles, eux, ne peuvent pas toujours résister aux pressions chinoises. C’est le cas du Laos qui a dû accepter qu’un chemin de fer dont on ne voit pas l’utilité, surtout en temps de COVID, soit construit pour relier Vientiane à Kunming ou du Népal où des Chinois bâtissent des aéroports où les avions ne pourront voler que si l’Inde le veut bien… Au contraire, Singapour, bien qu’ethniquement à majorité chinoise, prend bien soin de rester à distance et de faire de sa petite taille une force : qui envahirait son coffre-fort ?

 


2/ En revanche, quand il s’agit d’avantages politiques, la Chine est partante.

 

Elle a demandé à participer à l’Accord Transatlantique Commercial (TPP) rebaptisé CPTPP après sa dénonciation par les Présidents américains, dont le caractère apparemment économique trahit une volonté politique de puissance.

 

L’entrée à l’OMC en 2001 devait jouer un rôle réformateur mais ce n’est évidemment pas le cas. En revanche,  Xi Jinping, qui n’avait pas quitté son pays depuis 2019, tente de mener une diplomatie plus active : il s’est rendu récemment en Asie Centrale et surtout en novembre 2022 au G20 de Bali et à la réunion de l’APEC à Bangkok. Signe que la situation politique de la PRC s’est améliorée ? A voir de plus près car…

 


III/ La PRC ne va pas tarder à affronter d’autres défis.


1/ Elle est le théâtre d’un écart grandissant entre les riches et les pauvres- et c’est loin d’être la seule.

 

a) En d’autres temps, on aurait appelé cela la lutte des classes mais Pékin a rejeté le marxisme. Deng Xiao Ping disait déjà en 1962 « Peu importe qu’un chat soit noir ou gris, s’il attrape la souris, c’est un bon chat ». Il appliquait ses idées, favorables à l’efficacité économique peu de temps après la mort de Mao fin 1976. Le résultat a été une forte hausse des inégalités initialement puis une stabilisation voire une légère baisse par la suite. Reste un coefficient Gini élevé (autour de 40 selon la Banque mondiale) qui en fait un des pays où l’inégalité est forte.

 

Des manifestations de propriétaires spoliés par la faillite de leur promoteur ou qui risquent de l’être ont éclaté à Shenzhen, pourtant une des régions les plus prospères du pays. Face à eux, le pouvoir privilégie la reprise de contrôle des organes d’État au détriment de l’économie.

 

b/ Cet écart n’est pas un problème pour l’armée, principalement navale, dont la cible numéro 1 est Taïwan. La récente visite de Mme Pelosi, alors Présidente de la Chambre des représentants, a suscité la colère de Pékin qui s’est contenté d’encercler l’ile. Un autre conflit est celui qui l’oppose aux États riverains de la mer de Chine du Sud (Vietnam, Malaisie, Philippines, Cambodge) ainsi qu’au Nord-Ouest où l’attitude japonaise est ambigüe : l’archipel doit-il protéger Taïwan au risque d’être aspiré dans une guerre avec la PRC ?

 

c/ Le retard scientifique et technologique sur l’Occident peut-il être comblé ? Le pouvoir est conscient de la contradiction quand le manque de liberté pousse de nombreux Chinois éduqués à s’expatrier.

 

d/ sur le plan territorial, en revanche, Pékin a le temps : Taïwan doit lui revenir au plus tard en 2049 et pour le moment, on peut espérer qu’elle se contente de montrer ses muscles. L’ile rebelle a d’ailleurs relativement bien réussi sa lutte contre la pandémie, à laquelle cependant elle n’échappe pas. D’autres régions de la Chine sont l’objet de cette politique du territoire, qu’elles aient déjà été conquises comme le Sinkiang et le Tibet ou qu’elles soient en train de réintégrer la Chine comme Hong Kong.

 


2/ Reste que la Chine, comme dans tous les domaines, est une puissance mondiale et fait évoluer sa stratégie en fonction de cet objectif.

 

a/ Elle a fait de son vaccin anti-Covid un instrument politique mais il est moins efficace que d’autres.

 

b/ Elle a également utilisé les JO de 2021 pour son « soft power » : elle a gagné assez de médailles pour y figurer en 2ème position.

 

c) Mais c’est bien sûr l’outil militaire qui a fait de Taïwan comme l’a écrit « the Economist » « l’endroit le plus dangereux du monde » sans, heureusement, que la guerre éclate. C’est d’ailleurs la multiplicité des théâtres qui constitue la meilleure garantie, l’Empire du Milieu n’étant pas encore capable de faire la guerre sur plusieurs fronts à la fois – la Chine est cependant une puissance montante voire la puissance numéro 1.

 

d) Enfin, Pékin veille sur l’étranger où les crises ne doivent pas l’affecter sauf si elle y voit l’occasion d’affirmer son pouvoir. On l’a vue ainsi proposer de s’entremettre dans le conflit Israël-Palestine et regarder d’un oeil soupçonneux la crise birmane où elle veille surtout à protéger ses intérêts, au besoin en opposant son veto aux condamnations onusiennes. Il est trop tôt pour parler du voisin afghan mais le contrat australien en est une nouvelle occasion.

 

Le choix de l’armée, donc de la répression, ne peut fonctionner que si la prospérité vient en contrepartie, ce qui n’est pas du tout assuré comme l’ont montré les manifestations à Shenzhen.

 

Des défis d’avenir commencent à peine à se faire sentir.

 

3/ La diminution de la population est de ceux-là.

 

La Chine est encore selon l’ONU le pays le plus peuplé du Monde mais elle va rapidement laisser la place à l’Inde en vieillissant sans avoir eu le temps de s’enrichir. D’après son bureau national de statistique, son taux de natalité est en 2022 le plus bas jamais enregistré et avec une population de 1,4 Milliards 118 millions d’habitants, elle diminue chjaque année davantage. De plus, elle est fortement polarisée entre  la partie Sud-Est où dominent les plaines et les bassins des fleuves principaux issus des montagnes occidentales, avec 94 % de la population totale, et le Nord-Ouest, avec 6 %, où dominent montagnes et plateaux mais dont la  «population flottante», pouvait être estimée en 2010 à 300 millions, soit près d’un Chinois sur cinq.

 

4/ Enfin, la pollution est un enjeu à la fois interne et mondial.

 

Elle constitue déjà dans les grandes villes un redoutable défi et suscite le mécontentement des citoyens. Dans la dictature que reste la PRC, des dizaines de milliers de manifestations lui sont attribuées, 75 000 officiellement et beaucoup plus officieusement, accompagnées de l’émergence du concept de « bien commun ».  Elle a été à l’origine de banderoles, dont on connaît le danger pour les manifestants, à la veille du récent Congrès du PCC ; il est vrai que malgré des efforts pour avancer la date de la neutralité-carbone et un langage très « écologique », la Chine reste avec les Etats-Unis le plus gros pollueur de la planète. Pékin n’est plus que 4 fois au-dessus des normes de l’OMS alors qu’elle leur était 23 fois supérieure en 2013, mais qu’en est-il dans d’autres grandes villes ?

 

L’enjeu externe est tout aussi décisif : l’accord de Paris conclu le 12 décembre 2015 sur les changements climatiques n’existerait pas si la PRC ne l’avait pas voulu. C’est elle qui l’a négocié avec Washington. Le 31 mars 2015, les États-Unis, deuxième émetteur mondial envisagent conformément à l’annonce faite conjointement avec la Chine en novembre 2014 de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre de 26 à 28 % d’ici à 2025 (par rapport à 2005).

 

La récente COP27 de Charm El Cheikh, si elle a échoué selon le SG des Nations Unies et le vice-Président de l’UE sur l’émission, a créé un fonds d’indemnisations des pays les plus pauvres victimes des variations du climat : quel rôle y jouera la Chine ?

 

Conclusion et commentaires.

 

1/ Rien ne se fera sans la Chine et la France, malgré les rodomontades de ses dirigeants politiques, ne pèse pas. Pékin ne se reconnaît qu’un rival, les Etats-Unis en attendant que l’UE, bien qu’affaiblie par le Brexit, devienne elle aussi une puissance crédible. La mode actuelle consiste à prétendre que l’Asie-Pacifique pourrait constituer une alternative mais je n’y crois pas.

 

2/ Des ouvrages l’ont montré, d’Alain Peyrefitte avec « Quand la Chine s’éveillera » à un grand ambassadeur, Claude Martin avec « La diplomatie n’est pas un dîner de gala » paru en 2018 : la Chine doit être regardée pour ce qu’elle est, en parlant sa langue, en connaissant ses hommes et femmes, ses peuples, bref dans sa diversité, sinon on n’y comprend rien, elle est déjà assez complexe !

 

3/ Enfin, un des problèmes les plus délicats rencontrés par la PRC est peut-être Xi Jinping lui-même : le dictateur solitaire – il a fait le vide autour de lui – n’a pas de successeur et  l’incident que tout le monde a vu en plein congrès du PCC, semblant l’opposer à son prédécesseur Hu Jin tao, dans un système qui d’habitude ne tolère pas l’improvisation, a montré qu’il avait des difficultés aussi avec le passé.

 

4/ Certes, bien des régimes autoritaires sont séduits par l’efficacité chinoise alors que les turbulences de la démocratie peuvent leur être opposées mais qui a vraiment envie de l’émuler? à cet égard, l’invasion de l’Ukraine n’est pas bénéfique : elle est inefficace et elle isole alors que la Chine a besoin d’un marché ouvert.

 

La Chine est frappée de l’ensemble de ces problèmes. Le « rêve » de Xi Jinping y survivra-t-il ?

 

5/ La France et l’UE – seule, la France n’est pas grand-chose – doivent parler à la Chine, sans agressivité à la Sarkozy ni timidité. L’auteur de ces lignes a vu le président Hollande, dont la cellule diplomatique connaissait alors bien l’Asie, adopter en 2012 une attitude à la fois respectueuse et incisive. Le Président actuel, en cette matière comme en bien d’autres, hésite : jouer la carte américaine ne nous mènera qu’à plus de soumission. Reste l’UE.

 

Yves Carmona

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