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CHINE – ÉCONOMIE : Pourquoi Pékin refuse, pour l’instant, de relancer massivement son économie

Journaliste : Gaston Baht Date de publication : 31/07/2026
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La Chine reconnaît que son économie traverse une période plus difficile. Pourtant, les dirigeants chinois ont choisi de ne pas annoncer de nouvelles mesures de relance à l’issue de la réunion de juillet du Bureau politique du Parti communiste (Politburo). Ce choix, qui a pu décevoir certains investisseurs, reflète une stratégie assumée : attendre avant d’agir davantage.

 

En clair, Pékin estime que le ralentissement est réel, mais pas encore suffisamment marqué pour justifier un vaste plan de soutien à l’économie.

 

Une économie sous pression, mais pas en crise

 

Le Politburo reconnaît que la Chine fait face à un environnement plus compliqué qu’au printemps. Les tensions commerciales, le contexte international et une consommation intérieure encore fragile pèsent sur la croissance.

 

Les dirigeants affirment toutefois être prêts à renforcer leur soutien si la situation venait à se dégrader. Cette évolution du discours marque un changement de ton par rapport au communiqué publié en avril, mais elle ne s’accompagne d’aucune mesure concrète immédiate.

 

Autrement dit, le gouvernement préfère observer l’évolution de l’économie avant de modifier sa politique.

 

Pourquoi Pékin attend

 

La principale raison est simple : les exportations chinoises résistent encore.

 

Tant que les entreprises continuent à vendre massivement leurs produits à l’étranger, les autorités estiment que l’économie dispose d’un moteur de croissance suffisant. Elles ne jugent donc pas nécessaire de lancer un nouveau plan de relance financé par davantage de dépenses publiques ou une baisse des taux d’intérêt.

 

Pour les économistes, un changement de cap n’interviendrait qu’en cas de ralentissement plus marqué des exportations ou d’un affaiblissement durable de la demande intérieure.

 

Soutenir l’économie sans creuser la dette

 

Plutôt que d’augmenter le déficit public, Pékin privilégie une approche plus ciblée. Le gouvernement souhaite avant tout accélérer les dépenses déjà votées et utiliser plus rapidement les fonds issus des obligations d’État déjà émises.

 

L’objectif est de soutenir l’activité sans engager un nouveau programme massif de relance, comme la Chine a pu le faire lors de précédents ralentissements.

 

La même prudence prévaut sur le plan monétaire. La Banque populaire de Chine conserve la possibilité d’intervenir si nécessaire, mais le Politburo n’a donné aucun signal laissant penser qu’une baisse prochaine des taux d’intérêt ou des réserves obligatoires des banques serait imminente.

 

Miser sur la consommation et les infrastructures

 

À plus long terme, les autorités continuent de vouloir rééquilibrer leur modèle de croissance en stimulant davantage la consommation des ménages, en particulier dans les services. Elles souhaitent notamment développer les services destinés aux personnes âgées et aux familles, tout en renforçant progressivement la protection sociale afin d’encourager les dépenses.

 

Pékin entend également développer les échanges internationaux de services — dans des secteurs comme la finance, le numérique, l’ingénierie ou le tourisme — afin d’attirer davantage d’investissements étrangers et de mieux accompagner les entreprises chinoises à l’international.

 

En parallèle, le gouvernement accélère la mise en œuvre de son programme de modernisation des infrastructures, baptisé « les six réseaux ». Celui-ci concerne les réseaux d’eau, d’électricité, les centres de calcul informatique, les télécommunications de nouvelle génération, les canalisations urbaines et la logistique, autant de secteurs considérés comme essentiels pour soutenir la croissance future.

 

Les marchés attendent désormais le troisième trimestre

 

Cette réunion du Politburo envoie donc un message de prudence. Les autorités reconnaissent les difficultés, mais elles estiment disposer encore d’une marge de manœuvre avant d’intervenir plus fortement.

 

Les investisseurs suivront avec attention les prochains indicateurs de consommation, d’investissement et surtout d’exportations. C’est leur évolution au cours du troisième trimestre qui déterminera si la deuxième économie mondiale décide, d’ici la fin de l’année, de renforcer son soutien à l’activité.

 

Pour les entreprises françaises et européennes présentes en Chine ou dépendantes de la demande chinoise, cette stratégie signifie que Pékin privilégie, pour l’instant, des ajustements progressifs plutôt qu’un spectaculaire plan de relance. Les prochains mois permettront de savoir si cette prudence peut être maintenue ou si un ralentissement plus marqué obligera les autorités à changer de cap.

 

Gaston Baht

 

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