
Il suffit d’un porte-avions au repos pour tout oublier. En quatre jours de visite à Pattaya, les 5 000 marins de l’Abraham Lincoln ont remis les pendules américano-thaïlandaises à l’heure. Pourquoi se fâcher avec un grand allié si généreux, dont les poches débordent ? Rien de mieux que quelques jours de « Rest and Recreation » pour faire oublier la surenchère commerciale et la volonté de l’administration Trump de tordre le bras à ses partenaires et alliés, où qu’ils soient. Faut-il s’en émouvoir ou, au contraire, reconnaître que la méthode est habile ? À Gavroche, à l’unisson des milliers de Thaïlandais(es) qui ont profité de l’escale, nous sommes pragmatiques. Puisque la marine américaine fait profiter Pattaya et sa région de sa générosité, tout est bon à prendre…
L’affaire, toutefois, ne doit pas faire perdre aux autorités de Bangkok le sens des réalités. Et, surtout, des réalités géopolitiques. La Chine veut dominer cette région, et la Thaïlande essaie encore de ne pas mettre ses œufs dans le même panier. Voici donc l’ex-Royaume de Siam fidèle à sa tradition : d’un côté, les bras ouverts pour les marins américains, de l’autre, une coopération croissante avec l’Empire communiste du Milieu. Est-ce tenable ? Pas sûr. À moins que Pékin ne décide, à son tour, d’envoyer ses porte-avions se reposer du côté de Pattaya…
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