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INDOCHINE – HISTOIRE : Henri Mansuy, une vie pour l’œuvre, basée sur le travail et la constance

Journaliste : Didier Mansuy Date de publication : 15/02/2022
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Henri Mansuy Livre

 

Nous vous avons conté, dans Gavroche, la vie du préhistorien Henri Mansuy. Celle-ci fait désormais l’objet d’un livre, écrit par son cousin Didier Mansuy, collaborateur de notre magazine. Un morceau d’histoire méconnu, mais extraordinaire pour comprendre le passé lointain de l’Indochine.

 

La vie de Henri Mansuy fut en tous points exemplaire. Parti de peu, il arriva aux sommets de la connaissance et de la recherche grâce à ses seuls efforts, à sa constance et à son acharnement au travail tant en géologie, paléontologie et préhistoire, matières qui le passionnaient. Reconnu par tout le monde scientifique comme le spécialiste de la préhistoire de l’Extrême-Orient méridional, il en fut aussi l’inventeur.Il fut marqué et meurtri par une affaire bien triste de faux en paléontologie créée par un jeune géologue imbus de lui-même.

 

Henri Mansuy mena une vie de vrai savant, à un moment où des grandes choses pouvaient encore être faites sans subir les dogmes. Il fut un des premiers visiteurs d’Angkor Vat. Il était animé de cette naturelle bienveillance qui vient du cœur, exigeant avec lui-même, visionnaire, éloigné de tout désir de paraître.

 

Ce livre attrayant se lit comme un roman. Il permet de découvrir sa vie de passions et d’aventures. Il donne le goût et l’envie de se plonger dans un autre siècle.

 

Yves Coppens réalisa la préface avec cœur et engagement. Une telle signature marque bien l’intérêt et le côté exemplaire de la vie de Henri Mansuy.

 

Henri Mansuy, d’origine modeste, armé de son seul certificat d’études, est entré très jeune dans la vie professionnelle. Mais en Extrême-Orient, il a créé le Bacsonien, une culture néolithique nouvelle et démontra l’existence de populations anciennes, mélanésiennes, différentes des populations récentes et actuelles sur la partie Yunnan, Tonkin, Cochinchine, Annan, Cambodge, Laos.

 

Les missions archéologiques et paléontologiques s’enchaînèrent : Angkor-Vat (1901), Cambodge (1902), Sud du Vietnam (1901, 1902 et 1903), Yunnan (1903-1904 avec H. Lantenois), Nord du Tonkin (1905-1906), Laos (1908-1909), Yunnan encore en 1909-1910. Il obtint alors son premier prix scientifique : le prix Tchihatchef. Ensuite, il y eut les missions à Ky-Lua (1916), Lang-Son (1916 et 1922), Somrong-Sen (1923), Bac-Son (1922), Dong-Thuôc, Keo-Phay, Pho-Binh-Gia (1922-1923) et Phu-Ly (1923). Et d’autres prix.

 

Pionnier pour l’époque, c’est à ce titre que nous lui devons d’en être l’un des premiers inventeurs. L’œuvre de Henri Mansuy en Indochine est considérable.

 

Henri Mansuy mit un point d’honneur à appliquer ses principes intangibles de respect, de loyauté et de droiture dont jamais il ne s’écarta.

 

« Non seulement l’évolution de l’industrie tonkinoise est différente de celle d’Europe, mais elle n’est pas la même dans deux régions distantes d’une centaine de kilomètres, fait curieux et très important. »*

 

Il a toujours eu une foi immense en la science. Pour lui ce qui n’était pas encore connu « relevait du domaine du non encore exploré ». La connaissance était pour lui la clef de l’intelligence du monde : « Je me suis voué à la recherche et à la préhistoire comme moyens d’exhaler mon amour de la matière, de la vie, des humains » déclara-t-il à sa famille en 1926 au Teil (Ardèche).

 

* Madeleine Colani.

 

 

Henri Mansuy

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