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THAÏLANDE – CRIME : Après les cinq meurtres près de Pattaya, une famille thaïlandaise dénonce un traitement à deux vitesses

Date de publication : 02/08/2026
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Les proches du couple thaïlandais et de leur fille retrouvés enterrés près de Pattaya reprochent à la police de ne pas avoir mobilisé les mêmes moyens que lors de la disparition de deux jeunes Russes. Les enquêteurs ont présenté leurs excuses pour leur manque de communication, tout en affirmant avoir poursuivi leurs recherches.

 

Après la découverte de cinq corps dans le secteur de Huai Yai, l’affaire soulève désormais des questions sur la manière dont la police a traité la disparition des trois victimes thaïlandaises.

 

Les proches affirment avoir signalé plusieurs semaines auparavant la disparition du couple et de leur fille. Selon eux, les recherches sont restées trop discrètes et les autorités ne les ont pas suffisamment informés de leur avancée.

 

La famille dit avoir ensuite constaté une mobilisation beaucoup plus visible après la disparition de Diana Nazimova, 22 ans, et de son frère Roman Nazimov, 17 ans.

 

« Pourquoi personne ne recherchait notre famille ? »

 

La sœur cadette de la femme assassinée a expliqué que les proches avaient multiplié les démarches.

 

La voiture, la moto et plusieurs effets personnels se trouvaient toujours au domicile familial. Aucun signe évident de lutte ou de cambriolage n’était visible. Les proches continuaient à nourrir le chien de la maison et appelaient régulièrement les téléphones des disparus, sans obtenir de réponse.

 

Ils avaient également sollicité la police et tenté d’obtenir des informations auprès des opérateurs téléphoniques. Certaines données ne pouvaient toutefois être transmises qu’aux forces de l’ordre.

 

La famille affirme surtout avoir vu des avis de recherche consacrés aux deux jeunes Russes dans plusieurs lieux, sans constater de dispositif comparable pour ses propres proches.

 

L’activiste Kan Jompalang, sollicité par la famille, rapporte que celle-ci ressent un traitement à deux vitesses entre les victimes étrangères et une famille thaïlandaise disposant de peu de moyens.

 

Aucune enquête indépendante n’a, à ce stade, établi l’existence d’une différence de traitement. Ce reproche traduit néanmoins le profond sentiment d’abandon exprimé par les proches.

 

Une première affaire révélée par la seconde

 

Les trois membres de la famille thaïlandaise auraient été tués avant les deux jeunes Russes. Selon les premiers éléments de l’enquête, plusieurs hommes se seraient présentés à leur domicile en se faisant passer pour des policiers. Ils auraient maîtrisé le couple, puis leur fille lorsqu’elle est revenue d’une supérette, avant d’emmener les trois victimes dans un autre lieu.

 

Leurs corps ont été retrouvés dans une fosse creusée au milieu d’une cocoteraie, à environ deux kilomètres de celle où reposaient Diana et Roman Nazimov.

 

La découverte n’est intervenue qu’après l’arrestation de Thana « Pong » Kerdthong et de Thongchai « Thong » Srinil dans l’affaire des deux jeunes Russes. Les déclarations de l’un des suspects ont conduit les policiers vers la seconde fosse.

 

« S’il n’avait pas parlé, personne n’aurait peut-être jamais su ce qui leur était arrivé », a déploré une proche.

 

La famille estime qu’une enquête plus rapide aurait peut-être permis d’identifier le groupe plus tôt. Il reste toutefois impossible d’affirmer qu’une telle intervention aurait empêché les meurtres commis par la suite.

 

La police reconnaît un défaut de communication

 

Les responsables du commissariat de Huai Yai ont rencontré les proches après l’intervention de Kan Jompalang. Ils leur ont présenté leurs excuses pour ne pas les avoir régulièrement informés, mais contestent avoir abandonné le dossier.

 

Selon les enquêteurs, plusieurs éléments découverts au domicile les avaient conduits à examiner différentes hypothèses, notamment une disparition volontaire, un conflit financier ou une affaire de dettes. Des documents liés à des prêts et des signes d’activité dans la maison auraient compliqué l’analyse initiale.

 

La famille a accepté les excuses, mais réclame désormais des précisions sur les moyens mobilisés, les vérifications effectuées et l’absence d’avis de recherche publics concernant les trois disparus.

 

D’autres disparitions pourraient être réexaminées

 

Kan Jompalang a indiqué avoir saisi le chef de la police de Chonburi. Il demande également aux autorités de réexaminer plusieurs dossiers de personnes disparues dans la province et les secteurs voisins afin de vérifier l’existence d’éventuels liens avec les suspects.

 

La police poursuit les interrogatoires des quatre hommes arrêtés. Elle cherche à déterminer le rôle de chacun, les mobiles des crimes et l’existence possible de complices.

 

L’un des suspects avait évoqué d’autres actes violents avant de revenir sur ses déclarations. Aucun élément matériel ne permet actuellement de confirmer l’existence d’autres victimes.

 

Pour les proches de la famille thaïlandaise, l’enquête ne doit donc plus seulement établir les responsabilités dans les cinq meurtres. Elle doit aussi expliquer pourquoi leur signalement n’a pas suscité une mobilisation aussi visible que celle déclenchée après la disparition des deux jeunes Russes.

 

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