
Ils étaient présents, invités au diner d’État donné à l’Élysée pour S.M. Rama X par Emmanuel Macron. Le 29 juin, ces patrons d’entreprises françaises en Thaïlande ont obtenu leur plus belle occasion de défendre le « Made in France » dans ce royaume qui les a adopté. Parmi ces invités figuraient Arnaud Bialecki, président du comité Thaïlande des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCE), et Jean-Boris Roux, président de la Chambre de commerce franco-thaïe (FTCC). Tous deux ont raconté cette soirée unique en exclusivité pour Gavroche.
En invitant les présidents des CCE Thaïlande et de la Chambre de commerce franco-thaïe, la présidence de la République mettait aussi à l’honneur un réseau d’entrepreneurs qui, depuis plusieurs décennies, contribue au développement des relations économiques franco-thaïlandaises.
Les deux hommes en retirent le même sentiment, partagé avec Gavroche. Arnaud Bialecki parle d’« un immense honneur », mais surtout d’« une reconnaissance du travail souvent méconnu que les CCE effectuent pour développer les relations commerciales entre la France et la Thaïlande ». Jean-Boris Roux y voit, lui aussi, « une marque de considération » pour toute une communauté d’entrepreneurs qui, selon ses mots, « tisse des liens entre nos deux pays depuis des décennies ».
Quand le protocole laisse place aux échanges
Le dîner d’État n’a pas seulement offert un décor exceptionnel. Il a aussi créé des occasions de dialogue.

En marge de la réception, Arnaud Bialecki a notamment échangé avec le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul, avant de le retrouver quelques jours plus tard lors de la réception du 14 Juillet organisée par l’ambassade de France à Bangkok. Il a également rencontré le garde des Sceaux Gérald Darmanin ainsi que la députée des Français établis hors de France représentant la 11ᵉ circonscription, Anne Genetet.
Pour Jean-Boris Roux, cette invitation dépassait largement le cadre personnel. Elle constituait avant tout une reconnaissance du travail accompli, souvent loin des projecteurs, par les entreprises françaises présentes en Thaïlande et par l’ensemble des partenaires mobilisés pour développer les échanges entre les deux pays.

Une amitié qui se construit aussi par les symboles
Les deux responsables gardent également le souvenir d’une soirée riche en symboles.
Arnaud Bialecki évoque avec émotion l’interprétation, en langue thaïe, par l’orchestre de la Garde républicaine d’une composition du roi Rama IX. Une initiative qu’il résume avec humour : « Entre Joe Dassin et Johnny Hallyday, c’était un bel exemple de l’amitié franco-thaïlandaise. »
Jean-Boris Roux retient quant à lui l’émotion de l’arrivée à l’Élysée.
Fouler le tapis rouge, traverser les salons du palais présidentiel avant de rejoindre la salle du banquet, évoluer dans un lieu où se sont écrites tant de pages de l’histoire française : autant d’images qui, selon lui, donnent toute sa portée à une invitation de cette nature.
Un message clair aux entreprises françaises
Au-delà des images, les deux responsables voient dans cette visite un message politique adressé au monde économique.
Pour Arnaud Bialecki, elle rappelle que la Thaïlande occupe une place de plus en plus importante dans la stratégie française en Asie. « L’Asie ne se limite pas à la Chine, à l’Inde et au Japon », résume-t-il, soulignant le rôle joué aussi bien par les grands groupes que par les nombreuses Entreprises françaises de l’étranger implantées de longue date dans le royaume.
Jean-Boris Roux partage cette analyse. À ses yeux, la visite d’État confirme que Paris considère désormais la Thaïlande comme un partenaire stratégique en Asie du Sud-Est. Les entreprises françaises déjà implantées y trouvent la confirmation qu’elles peuvent inscrire leurs projets dans une coopération durable. Quant à celles qui envisagent de s’y développer, elles disposent désormais d’un signal supplémentaire sur l’attractivité et la stabilité du marché thaïlandais.
Une feuille de route pour passer des intentions aux projets
L’un des principaux acquis de la visite demeure la signature du plan d’action conjoint France–Thaïlande 2026-2028.
Ce document fixe plusieurs priorités communes : énergie, technologies, intelligence artificielle, cybersécurité, aviation, innovation scientifique, éducation, espace et transition énergétique.
Pour Arnaud Bialecki, cette feuille de route constitue la première traduction concrète de la visite d’État. Au-delà des images largement diffusées de la visite royale chez Airbus, elle offre désormais un cadre de travail aux administrations comme aux entreprises.
Jean-Boris Roux insiste, lui, sur un autre aspect : la confiance.
Les investissements internationaux se construisent sur le long terme. Une visite d’État ne débouche pas instantanément sur des contrats, mais elle crée un climat favorable, facilite le dialogue entre les décideurs publics et privés et accélère des projets déjà engagés. Elle ouvre également la voie à de nouvelles coopérations dans des domaines où les savoir-faire français et les ambitions thaïlandaises apparaissent particulièrement complémentaires.
Faire vivre l’élan de la visite d’État
Pour les CCE comme pour la FTCC, la véritable réussite de cette visite se mesurera dans les mois qui viennent.
Le comité Thaïlande des Conseillers du commerce extérieur consacrera son grand rendez-vous annuel, le 10 novembre, aux énergies du futur, l’un des axes majeurs du plan d’action conjoint.
La Chambre de commerce franco-thaïe célébrera pour sa part son soixantième anniversaire. La publication d’un ouvrage retraçant six décennies de présence économique française en Thaïlande, la première édition des Business Awards, le 3 septembre, puis le Gala annuel de la FTCC, le 13 novembre, rythmeront cette année anniversaire.
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