
Près de onze ans après l’attentat du sanctuaire d’Erawan, qui avait fait 20 morts et plus de 140 blessés au cœur de Bangkok, la justice thaïlandaise a condamné à mort deux ouïghours. Un verdict attendu dans l’une des affaires criminelles les plus marquantes de l’histoire récente du royaume.
Le Tribunal pénal de Bangkok-Sud a rendu son jugement le 11 juin dans l’affaire de l’attentat commis le 17 août 2015 près du sanctuaire d’Erawan, au carrefour de Ratchaprasong.
Les juges ont condamné Adem Karadag et Yusufu Mieraili pour meurtre avec préméditation commis en réunion, estimant qu’aucune circonstance atténuante ne pouvait justifier une réduction de peine.
Le 17 août 2015, une bombe artisanale explose au cœur du quartier de Ratchaprasong, l’un des plus fréquentés de Bangkok. L’attentat fait 20 morts, dont 14 étrangers, et près de 140 blessés. Les victimes comptent notamment plusieurs touristes chinois et hongkongais.

Un attentat qui a marqué Bangkok
Le sanctuaire d’Erawan occupe une place particulière dans la vie de Bangkok. Situé au cœur du quartier de Ratchaprasong, à proximité immédiate de grands centres commerciaux, d’hôtels internationaux et des stations BTS Chidlom et Siam, il accueille chaque jour des milliers de visiteurs.
Lorsque la bombe a explosé en début de soirée, le choc a été immense. L’attaque a frappé l’un des secteurs les plus animés de la capitale, fréquenté aussi bien par les Thaïlandais que par les touristes et les expatriés.
Un dossier aux répercussions internationales
L’attentat est intervenu quelques semaines après l’expulsion par la Thaïlande de 109 Ouïghours vers la Chine, une décision qui avait suscité de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains et provoqué des tensions diplomatiques.
Cette dimension internationale a contribué à faire de l’affaire Erawan l’un des dossiers sécuritaires les plus sensibles du royaume. Au fil des années, l’enquête et la procédure judiciaire ont été suivies de près tant en Thaïlande qu’à l’étranger.
Avec ce verdict, la justice thaïlandaise clôt un dossier ouvert depuis près de onze ans. Pour de nombreux habitants de Bangkok, Thaïlandais comme expatriés, l’attentat d’Erawan reste associé à l’un des épisodes les plus traumatisants de l’histoire récente de la capitale, lorsque la violence avait frappé au cœur même du principal quartier touristique et commercial de la ville.
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