Home Thaïlande Provinces THAÏLANDE – JUSTICE : Prête-noms et cannabis, une affaire française rebondit à Koh Samui

THAÏLANDE – JUSTICE : Prête-noms et cannabis, une affaire française rebondit à Koh Samui

Date de publication : 16/08/2026
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L’enquête sur les sociétés contrôlées par des étrangers à Koh Samui prend une tournure française. Les autorités soupçonnent cinq Thaïlandais d’avoir servi de prête-noms à un Français de 74 ans dans deux sociétés liées à un terrain de plus d’un hectare et à un établissement touristique. Le même homme est parallèlement mis en cause par huit compatriotes dans un projet de ferme de cannabis portant sur 26,4 millions de bahts.

 

La septième phase de l’offensive menée à Koh Samui contre les montages utilisant des actionnaires thaïlandais comme prête-noms livre de nouveaux éléments. Cette fois, les investigations de l’immigration de Surat Thani conduisent à un ressortissant français de 74 ans installé sur l’île.

 

Les enquêteurs ont remonté la piste de deux sociétés liées à ses activités à Lipa Noi, sur la côte ouest de Koh Samui. L’une détient le terrain, l’autre exploite un établissement touristique. C’est en examinant leur actionnariat et leurs flux financiers que les autorités disent avoir découvert plusieurs anomalies.

 

Cinq actionnaires thaïlandais dans le viseur

 

La première société possède 7 rai, 3 ngan et 80 wah², soit environ 1,27 hectare. Un bâtiment de trois étages y a été construit en 2021.

 

Trois Thaïlandais détiennent ensemble 60 % de son capital. Selon les enquêteurs, il s’agit d’employés de restaurant et d’un chauffeur dont les ressources ne paraissent pas correspondre aux participations qu’ils détiennent.

 

La seconde société, chargée de l’activité touristique, présente une structure similaire : deux actionnaires thaïlandais en possèdent 60 %. L’un d’eux aurait reconnu être un simple employé, dont le nom avait été utilisé comme administrateur et pour accomplir des formalités, sans disposer de pouvoir financier dans l’entreprise.

 

Pour l’immigration, ces cinq actionnaires auraient servi de prête-noms, permettant au Français de conserver le contrôle effectif des deux sociétés.

 

Les flux bancaires constituent l’autre pièce du dossier. Les enquêteurs affirment avoir identifié plus de 7,7 millions de bahts transférés depuis les comptes des sociétés vers le compte personnel du Français, ainsi que plus de 1,5 million de bahts versés à son fils.

 

La société propriétaire du terrain aurait par ailleurs déclaré des pertes de manière récurrente, sans générer de revenus significatifs. Les autorités estiment qu’elle servait essentiellement à détenir le foncier.

 

Douze chambres, mais pas de licence hôtelière

 

L’établissement de 12 chambres proposait des séjours à la nuitée sur Booking.com, Trip.com et Hotels.com, ainsi que sur son propre site Internet. Or, en Thaïlande, un hébergement commercial proposé pour des séjours inférieurs au mois relève en principe de la législation hôtelière, sauf régime d’exemption spécifique. Les locations proposées exclusivement au mois ou pour une durée supérieure sont, elles, exclues de la définition légale de l’hôtel.

 

Les enquêteurs affirment n’avoir trouvé aucune licence hôtelière pour cet établissement. Les déclarations obligatoires concernant les ressortissants étrangers hébergés sur place feraient en outre apparaître des séjours de courte durée, confortant selon eux l’existence d’une activité à la nuitée.

 

Ce volet s’ajoute donc aux soupçons portant sur la structure de l’actionnariat. Les autorités ont saisi la police afin d’engager des poursuites contre le Français, les deux sociétés et les cinq actionnaires thaïlandais, notamment au titre de la législation sur les activités commerciales des étrangers. L’exploitation d’un hôtel sans autorisation fait également partie des infractions visées.

 

La justice devra désormais établir les responsabilités de chacun.

 

26,4 millions de bahts investis par huit Français

 

L’homme d’affaires se trouve déjà au centre d’une autre procédure, cette fois à la suite de plaintes déposées par ses compatriotes. Huit Français l’accusent de les avoir convaincus d’investir environ 3,3 millions de bahts chacun dans un projet de ferme de cannabis, pour un total supérieur à 26,4 millions de bahts.

 

Selon les éléments communiqués par les autorités thaïlandaises, le projet ne se serait jamais concrétisé. Cette affaire a déjà franchi une étape judiciaire importante : les enquêteurs des commissariats de Bo Phut et de Koh Samui ont bouclé leurs dossiers et les ont transmis au parquet, qui doit maintenant décider des suites à leur donner.

 

Les accusations formulées par les investisseurs français restent, à ce stade, à établir devant la justice.

 

Une enquête qui dépasse le seul dossier du cannabis

 

Les nouvelles investigations donnent ainsi une autre dimension à une affaire jusqu’ici centrée sur les investissements dans le cannabis. Elles portent désormais sur la manière dont le Français aurait structuré certaines de ses activités à Koh Samui, financé ses sociétés et contrôlé des actifs officiellement détenus majoritairement par des Thaïlandais.

 

Cette enquête intervient alors que les autorités multiplient les contrôles sur l’île pour identifier les étrangers qui utiliseraient des prête-noms afin de contourner les restrictions thaïlandaises en matière d’activité économique et de détention foncière.

 

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