
La Thaïlande envisage d’imposer une assurance accident obligatoire aux touristes étrangers avant leur entrée sur le territoire. Objectif : faire face à la hausse des factures médicales impayées et limiter la pression croissante sur le système de santé public.
Un coût de plus en plus lourd pour les hôpitaux
Selon le ministère de la Santé publique, les soins non réglés par des patients étrangers représentent au moins 100 millions de bahts par an. Les zones touristiques comme Phuket et Chiang Mai concentrent une grande partie de ces impayés.
« Les soins d’urgence ne peuvent être refusés », rappelle le Dr Somruk Jungsaman, secrétaire permanent du ministère. En pratique, les hôpitaux prennent donc en charge les patients, sans garantie de paiement, et absorbent ensuite les pertes.
Les accidents, principal facteur de dépenses
Les accidents de la route figurent parmi les principales causes d’hospitalisation des touristes, notamment ceux peu familiers avec les conditions de circulation locales. L’usage de la moto, très répandu, accroît considérablement les risques, en particulier en haute saison.
À l’échelle mondiale, le coût moyen d’une prise en charge d’urgence atteignait environ 60 000 bahts en 2025, reflet de la hausse générale des dépenses de santé. Pourtant, de nombreux visiteurs arrivent encore en Thaïlande sans couverture adéquate.
Une assurance pourtant accessible
Une assurance voyage pour un séjour de deux semaines coûte en moyenne 1 100 bahts et offre une couverture médicale allant jusqu’à plusieurs millions de bahts. Malgré ce coût relativement faible, elle reste loin d’être systématique.
Pendant des années, la Thaïlande a privilégié une stratégie axée sur le volume de touristes, facilitant l’entrée sur le territoire, notamment via les exemptions de visa. Cette approche montre aujourd’hui ses limites face à l’augmentation des coûts.
Vers un changement de modèle
Une taxe d’entrée de 300 bahts pour les arrivées par avion reste à l’étude, mais les autorités semblent désormais privilégier une solution plus ciblée : rendre l’assurance obligatoire.
Les tentatives de recouvrement des factures via les canaux diplomatiques ont en effet montré leurs limites. Les ambassades considèrent généralement ces dépenses comme relevant de la responsabilité individuelle des voyageurs.
S’inspirer des modèles internationaux
Plusieurs destinations imposent déjà une assurance voyage, notamment dans l’espace Schengen, aux Émirats arabes unis, en Russie ou à Cuba. Dans certains cas, cette obligation est intégrée directement aux procédures de visa ou à l’achat des billets.
La Thaïlande pourrait adopter un dispositif similaire, en liant l’assurance aux formalités d’entrée. Une telle mesure permettrait de mieux protéger les finances publiques tout en renforçant la sécurité des voyageurs, notamment ceux pratiquant des activités à risque.
Dans un contexte mondial marqué par la hausse des coûts et une demande touristique plus prudente, le royaume semble amorcer un tournant. L’objectif : passer d’une logique de volume à une stratégie davantage centrée sur la qualité et la durabilité du tourisme.
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