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THAÏLANDE – ÉCONOMIE : Coup de frein sur la croissance malgré l’investissement privé

Journaliste : Gaston Baht Date de publication : 18/08/2026
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Usine voitures Thaïlande

 

L’économie thaïlandaise s’est contractée de 0,2 % au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents. Sur un an, la croissance ralentit à 1,9 %, contre 2,8 % au premier trimestre. La consommation et l’industrie patinent, mais l’investissement privé bondit de 13,4 %. La baisse des prix de l’énergie et le soutien budgétaire pourraient favoriser une reprise au second semestre.

 

La Thaïlande a connu un net ralentissement au deuxième trimestre 2026. En données corrigées des variations saisonnières, le PIB a reculé de 0,2 % sur trois mois, tandis que la croissance annuelle est retombée à 1,9 %, après 2,8 % au premier trimestre.

 

Le résultat reste toutefois supérieur aux attentes du consensus. Le principal frein vient de la hausse des coûts de l’énergie, qui a pesé sur les dépenses des ménages et sur plusieurs activités de services.

 

La consommation ralentit nettement

 

La consommation privée a progressé de 1,9 % sur un an, contre 3,3 % au trimestre précédent.

 

Le ralentissement est particulièrement marqué pour les biens durables, dont les achats ont augmenté de 3,8 %, après 6,9 % au premier trimestre. Les dépenses en produits non alimentaires n’ont progressé que de 1,8 %, contre 4,2 % auparavant, tandis que les services ont avancé de 0,8 %, après 2,4 %.

 

La consommation publique a elle aussi perdu de l’élan, avec une hausse limitée à 0,2 %, contre 3,4 % au premier trimestre. Ce tassement reflète en partie un calendrier budgétaire concentré plus tôt dans l’exercice 2026.

 

L’investissement privé tranche avec le reste de l’économie

 

Le contraste le plus net vient de l’investissement privé, en hausse de 13,4 % sur un an. Les dépenses en machines et équipements ont bondi de 16,6 %, après 11,5 % au premier trimestre. La construction privée a en revanche ralenti à 1,1 %, contre 3 % auparavant.

 

Du côté public, la tendance est moins favorable. L’investissement de l’État a reculé de 1,6 %, après une hausse de 9,4 % au trimestre précédent. Les investissements des entreprises publiques ont chuté de 12,2 %, là encore après des dépenses importantes engagées plus tôt dans l’année.

 

L’industrie reste le principal point faible

 

Le signal le plus préoccupant vient des usines. La production manufacturière a reculé de 0,1 % sur un an, après une hausse de 1,1 % au premier trimestre. L’automobile, le caoutchouc et les plastiques figurent parmi les secteurs les plus faibles.

 

Le taux d’utilisation des capacités de production est tombé à 57,47 %, son plus bas niveau depuis le deuxième trimestre 2020, au moment du choc provoqué par la pandémie de Covid-19.

 

Cette faiblesse contraste avec la vigueur des exportations électroniques. L’industrie thaïlandaise évolue ainsi à deux vitesses : les activités tournées vers l’électronique restent dynamiques, tandis que plusieurs secteurs manufacturiers traditionnels peinent à retrouver de l’élan.

 

Le tourisme amortit le choc

 

Les services ont continué de progresser, mais à un rythme moins soutenu. Le commerce de gros et de détail a crû de 4,6 % sur un an, tandis que les transports ont progressé de 2,7 %, deux activités directement exposées à la hausse des coûts énergétiques.

 

L’hébergement et la restauration ont mieux résisté. Malgré un recul du nombre de visiteurs, les recettes touristiques sont restées relativement stables, ce qui suggère une dépense moyenne par touriste mieux orientée.

 

Le tourisme continue donc de jouer un rôle d’amortisseur, sans toutefois suffire à compenser le ralentissement de la consommation et de l’industrie.

 

Un second semestre sous surveillance

 

La détente récente des prix de l’énergie devrait redonner un peu d’oxygène aux ménages et aux services au second semestre. Le programme gouvernemental de copaiement et la reprise attendue de l’investissement public pourraient également soutenir la demande intérieure.

 

La vigueur de l’investissement privé a toutefois son revers : elle stimule les importations de machines et d’équipements, ce qui dégrade la contribution du commerce extérieur à la croissance.

 

Deux risques dominent à court terme : un nouveau rebond des prix mondiaux de l’énergie et un affaiblissement supplémentaire de la production automobile si la demande internationale se détériore.

 

Le second semestre dira donc si la vigueur de l’investissement peut enfin se transmettre à la consommation et à l’industrie. La détente des prix de l’énergie et le soutien budgétaire devraient offrir un peu d’oxygène. Mais avec une industrie automobile affaiblie et un commerce extérieur moins porteur, la reprise thaïlandaise reste encore fragile.

 

Gaston Baht

 

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