
Alors que les prix des carburants reculent et que l’inflation ralentit progressivement, le Laos poursuit sa transition vers les véhicules électriques. Soutenu par de fortes incitations fiscales et par un programme de développement des infrastructures de recharge, le gouvernement entend réduire sa dépendance aux importations de carburant tout en valorisant sa production nationale d’électricité.
Depuis plusieurs années, le coût du carburant constitue une préoccupation majeure pour les ménages laotiens. La crise économique et monétaire traversée par le pays a fortement pesé sur le pouvoir d’achat, faisant du prix à la pompe un indicateur particulièrement suivi.
Les autorités ont toutefois enregistré une amélioration ces dernières semaines. Après plusieurs ajustements successifs entre mai et juin, les prix du carburant ont diminué, contribuant à réduire les coûts de transport et à ralentir l’inflation. Selon le Bureau des statistiques du Laos, celle-ci est passée de 10,2 % en avril à 9 % en mai.
Malgré cette détente, de nombreux consommateurs continuent de considérer le carburant comme une dépense importante dans leur budget quotidien.
Une transition encouragée par le gouvernement
Dans ce contexte, les véhicules électriques suscitent un intérêt croissant auprès d’une partie de la population, même si le développement du secteur reste confronté à plusieurs défis, notamment l’insuffisance des infrastructures de recharge en dehors des principales villes.
Le gouvernement laotien a néanmoins choisi d’accélérer sa politique de soutien à la mobilité électrique. En mars dernier, le Premier ministre a demandé aux administrations concernées de renforcer les mesures favorisant l’abandon progressif des véhicules à carburant fossile.
Les avantages fiscaux sont significatifs : les véhicules électriques sont soumis à une taxe d’accise de seulement 3 %, contre 25 à 90 % pour les véhicules thermiques selon leur catégorie.
Les autorités ont également suspendu jusqu’à la fin de l’année 2026 les importations de la plupart des véhicules fonctionnant aux carburants fossiles, tout en mettant en place un encadrement des prix des véhicules électriques afin de favoriser leur accessibilité.
La « batterie » de l’Asie du Sud-Est
Cette stratégie s’appuie sur un atout majeur du Laos : sa production d’électricité. Souvent surnommé la « batterie de l’Asie du Sud-Est », le pays exporte déjà une grande partie de son électricité vers la Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge et la Chine grâce à ses nombreux barrages hydroélectriques.
Pour les autorités, le développement des véhicules électriques représente donc une double opportunité : réduire les importations de carburants, qui pèsent sur les finances du pays, et valoriser davantage une énergie produite localement.
Un objectif ambitieux pour 2030
Le gouvernement s’est fixé pour objectif de porter la part des véhicules électriques à 30 % du parc automobile national d’ici 2030. Selon le ministère des Travaux publics et des Transports, plus de 14 400 véhicules électriques ont déjà été immatriculés entre 2020 et 2025. Le pays dispose actuellement de 126 stations de recharge réparties dans 14 provinces.
Les autorités prévoient d’étendre ce réseau à plus de 150 sites d’ici 2030 afin d’accompagner la croissance attendue du marché.
Si les véhicules thermiques restent aujourd’hui largement dominants sur les routes laotiennes, la stratégie du gouvernement montre que la transition énergétique est désormais considérée comme un enjeu économique autant qu’environnemental.
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